El Yazghi défend le code de la presse

Mohamed El Yazghi, ministre chargé de l’Aménagement du territoire, de l’Urbanisme, de l’Habitat et de l’Environnement, et premier secrétaire-adjoint de l’USFP, était lundi au Caire, l’hôte du club de la presse arabe de l’union arabe des journalistes, pour un débat autour de la situation de la presse dans les pays arabes, en particulier au Maroc.
Devant de nombreux responsables de médias égyptiens et arabes, M. El Yazghi a pris la défense du projet de code de la presse, qui a suscité un bras de fer dernièrement entre le gouvernement et le Syndicat national de la presse marocaine (SNPM). Le ministre et responsable de l’USFP a estimé que le projet du nouveau code de la presse est un « grand pas dans la consécration du pluralisme et de la liberté d’expression », qui s’inscrit dans une conjoncture marocaine inédite, en termes de liberté de presse et de pluralisme.
M. El Yazghi en veut pour illustration le fait que près de 700 titres (quotidiens, hebdomadaires et périodiques) sont édités aujourd’hui au Maroc, en l’absence de toute contrainte ou censure de leurs écrits, même si, a-t-il dit, certains sont extrêmement critiques vis-à-vis du gouvernement.
Le responsable usfpéiste a affirmé que le code de la presse amendé, qui vise la consolidation de la liberté d’opinion et d’expression, s’insert dans le cadre d’une dynamique nationale de réforme de nombreuses lois, dont notamment le code des libertés publiques et des associations, le code électoral et celui des partis.
Les amendements introduits au code de la presse, a-t-il assuré, ont été faits suite à un large débat entre les journalistes et les secteurs concernés dans le cadre du forum national de l’information et de la communication ou à travers un dialogue direct et continu avec le SNPM dont les propositions et amendements, a-t-il dit, ont été pris en considération.
Dans ce cadre, M. El Yazghi a passé en revue certains amendements introduits, relatifs notamment à l’annulation des peines privatives de liberté dans la plupart des articles du projet et maintenues dans de rares cas, relatifs essentiellement à la diffamation de chefs d’Etat, l’atteinte à l’institution monarchique ou à l’intégrité territoriale du pays. Il a également précisé que les réformes apportées par le nouveau code consacrent le droit à l’information et l’accès des journalistes aux sources de l’information ainsi que la liberté d’édition de journaux, tout en conférant les prérogatives de sanctions à la justice au lieu du pouvoir exécutif comme c’était le cas auparavant. Il reste pour M. El Yazghi que le projet de code de presse, « qui n’est pas un texte figé », pourrait être amendé et développé dans le cadre de l’évolution de la société marocaine.
Ceci n’a pas été l’avis de tous les intervenants, dont certains, au cours du large débat suscité par l’exposé du ministre, n’ont pas hésité à qualifier de « régression » les amendements apportés au code de la presse. Plusieurs intervenants ont également reproché au gouvernement de ne pas avoir pris en considération les propositions du SNPM, voire même d’avoir exercé des « pressions » sur certains membres du syndicat, estimant que nombre d’amendements apportés par le gouvernement sont allés dans le sens du « durcissement ».

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