Elections : l’Etat réclame ses deniers

Elections : l’Etat réclame ses deniers

Le ministère de l’Intérieur a appelé, vendredi dernier, les candidats au scrutin du 8 septembre dernier de justifier les dépenses qu’aurait nécessitées la campagne électorale. Partis politiques et centrales syndicales sont ainsi sommés de fournir les détails de ces dépenses à la Cour des comptes au plus tard à la date du 8 octobre prochain, soit encore à un mois de la proclamation des résultats généraux portant sur l’attribution des 90 sièges de la Chambre des conseillers.
L’enjeu est de taille puisqu’il s’agit notamment, pour les syndicats et les partis politiques, de déclarer comment ont été dépensés 20 millions DH accordés aux concernés en guise d’avance sur les frais de la campagne électorale (30% du total).
Selon un décret du Premier ministre, daté de juillet dernier, ladite avance de 30 % doit être déduite du montant global qui sera par la suite versé au parti politique, à l’union de partis ou aux syndicats. La participation de l’Etat à la campagne électorale est fixée selon deux critères. D’abord une première de 50 % est répartie entre les concernés selon le nombre de voix recueillies, au niveau national, par chacun d’entre eux. Ensuite, une deuxième tranche est répartie en prenant en considération le nombre de sièges remportés par le parti politique, l’union de partis ou le syndicat.
Dans le cas de figure présent (scrutin du 8 septembre dernier), il est à relever que seulement 5 des 16 centrales syndicales en lice ont réussi à remporter des sièges (3 pour l’UMT, 2 pour l’UGTM, 2 pour la CDT, un siège respectivement pour la FDT et l’UNTM). Les autres centrales syndicales passeraient-elles à la caisse pour restituer la part qui leur a été impartie, soit les 5 millions DH répartis à parts égales (plus de 390.000 DH) entre 15 syndicats, la nouvelle ODT (Organisation démocratique du travail) n’en ayant eu que pour 50.000 DH ?
Selon le responsable d’une centrale syndicale, la majorité des candidats, les perdants notamment, "trouvent toujours le moyen de justifier des dépenses imaginaires" en se procurant des factures pour des services fictifs. Ce dernier va même jusqu’à affirmer que plusieurs centrales qui n’ont de syndicat que le sigle, attendent les élections pour empocher une partie de la subvention de l’Etat pour ne refaire surface qu’à la prochaine échéance électorale. Les partis ne sont pas épargnés par ce phénomène.
Selon l’un des nouveaux conseillers, élu au titre du dernier scrutin partiel, le plus clair des dépenses (pour une campagne dans les règles de l’art) est absorbé par les frais d’impression de tracts ou d’affiches alors que, même conséquents, les frais des communications téléphoniques et du carburant sont moins encombrants. Après les procédures engagées par la justice contre des conseillers et candidats malheureux pour présumées fraudes électorales, le ministère de l’Intérieur ferait-il preuve de fermeté pour ce qui est des deniers publics absorbés par une campagne électorale qui n’aura pas eu lieu ?
Le communiqué du département de Chakib Benmoussa se veut toutefois des plus fermes puisqu’il affirme «qu’en cas de non-présentation d’une liste détaillée des dépenses électorales, accompagnée des documents justifiant ces frais au cours du délai fixé, la Commission de contrôle soumettra les cas en question aux instances judiciaires concernées».

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