Elite, gouvernance et changement

Le Groupement de Recherche sur Espace et Territoire ( GRET ) organise avec la collaboration de la fondation Hanns Seidel un colloque international les 28 février et 1-er mars 2002 à Rabat sur la thème «Elite, gouvernance et gestion du changement ». La rencontre sera articulée autour de quatre axes principaux relatifs aux élites, aux systèmes de valeurs et gouvernance démocratique, à la nouvelle culture politique et aux nouvelles tendances de gestion publique.
Des universitaires, chercheurs, responsables associatifs et journalistes se pencheront 3 jours durant sur les liens multiples qui existent entre les composantes «élite», «gouvernance» et «gestion du changement». Les participants se pencheront dans un premier temps sur les élites, dans la mesure où, souligne dans un préambule M. Ali Sedjari, président du GRET, «la société contemporaine évolue vers de nouvelles formes d’organisation sociale beaucoup plus diverses qui exigent de la compétence et du professionnalisme. Les élites sont obligées de s’y adapter». cette mutation, selon lui, « impose une relecture de notre système des élites pour savoir si elle est en mesure d’agir et d’accompagner les changements en cours, si elle est capable de se renouveler et de se relégitimer pour mieux agir sur la société». Tant est que au Maroc comme ailleurs, «le système des élites est en crise et à travers elles c’est la société toute entière qui est menacée de destruction». Il s’agit alors de déterminer les causes de cette crise, mais aussi de définir les moyens de relégitimer le rôle des élites, de les repolitiser de cerner leur rapport avec la démocratie et la réforme. En somme de procéder à une lecture sociopolitique des élites et de leur positionnement face à la réforme. La rencontre se propose d’autre part d’envisager une nouvelle approche de gestion des politiques publiques « qui lie gouvernance, innovation et changement, s’articulant autour d’une intelligence partagée des acteurs », en partant du constat que la gouvernance « vise à organiser le débat public, à donner sens aux projets, à faire naître des valeurs communes, à forger une sorte de centralité citoyenne en place et lieu de la centralité politique, à créer un mouvement d’adhésion, à mettre en place les mécanismes de gestion des conflits et de régulation des rapports sociaux ».
Pour le président du GRET, le moment est venu de faire de la politique autrement. SM le Roi, rappelle-t-il, a donné les signaux les plus forts en termes de gouvernance et d’une nouvelle approche de gestion de l’autorité et de la chose publique. «Il faut donc arrêter de faire de la politique en chambre avec des relations consanguines, clientélistes et partisanes». ce qui suppose « une modification des règles du jeu en place » dans le cadre d’un « comportement optimal pour l’homme public, autour d’une série de valeurs ».
En somme, souligne-t-on au GRET, la thèse d’une élite efficace et gestionnaire «est devenue l’expression d’une ingouvernabilité générale» sur fond de fracture entre les élites et la nation, d’incapacité des élites politiques et économiques à réformer la société ou même à la comprendre, et de «décalage entre le dire et le faire».
Ces questions et leurs corollaires seront examinés par les différents intervenants au colloque international sur les élites, la gouvernance et la gestion du changement. Une rencontre qui vient s’ajouter aux autres manifestations organisées par le GRET autour de question d’intérêt crucial pour le devenir de la société marocaine.

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