Elle a réussi l’impensable: Le défi d’Iman Chair, une mère d’un A…tiste

Elle a réussi l’impensable: Le défi d’Iman Chair, une mère d’un A…tiste

Pour briser les idées reçues sur l’autisme, Imane réalise des courts métrages, écrit des scénarios et organise des expos photos, des spectacles de danse, et des conférences. Son but est aussi d’aider les parents à comprendre leurs enfants.

Son combat acharné contre l’autisme, Imane Chair l’a commencé il y a 19 ans. Bébé, Pipoye était grincheux comme les autres, peut-être un peu plus. Il jouait différemment, son regard était vide, il n’alignait pas les choses mais il a surtout tardé à parler. Après plusieurs bilans, le verdict est tombé: Pipoye est autiste. Pour comprendre la maladie de son fils, Iman a fait beaucoup de recherches sur Internet. «Avec mon fils, j’ai découvert ce monde de l’autisme qui est à la fois complexe, fascinant, troublant, déroutant, éreintant, et beau. J’ignorais tout de l’autisme. J’ai avancé à petits pas en me documentant à droite et à gauche, en cherchant un mode d’emploi pour mieux comprendre mon enfant. Il m’a guidée et je l’ai guidé. Cela s’est fait au jour le jour doucement et lentement. Tout était basé sur l’observation qui me permettait de lui offrir des outils d’apprentissage et d’éducation. Ce que je savais sur l’autisme au départ était basique, il y avait tous ces clichés de bulle et d’enfermement qui me revenaient.

Mais au fur et à mesure, j ai bien vu que la réalité était le contraire de tout cela. En effet, la personne avec autisme est pleinement présente. Ses sens sont en éveil ;  elle est donc très consciente de son environnement. Et justement, c’est cette hypersensibilité sensorielle qui la fatigue et la pousse à s’isoler parfois. C’est aussi le cas de Pipoye,  mon fils».

S’isoler, fuir le regard de l’autre ou encore avoir une crise aiguë rien qu’en écoutant un son «ordinaire» constituent d’autres symptômes de l’autisme. Ce sont aussi des causes qui les éloignent du monde, qui les empêchent de vivre normalement et qui participent à leur déscolarisation, d’ailleurs Pipoye a été obligé de quitter très tôt les bancs de l’école. Pour faire face à cette marginalisation, Iman a choisi de ne pas sombrer dans la dépression et de prendre les choses en main. «Au départ, la déscolarisation de mon fils était plus que douloureuse surtout que son père et moi sommes diplômés et avions fait de longues études. L’école et les études, à mes yeux, étaient quelque chose de primordial. À 5 ans, il s’est retrouvé à la maison. Ce fut le grand choc ! Il ne me restait donc que deux choix. Soit de sombrer dans une dépression nerveuse, soit d’essayer d’avancer malgré les embûches. J’ai donc décidé d’opter  pour le positif . On dit bien que le bonheur est une décision».

Pour épauler son fils, Iman Chair, qui est à la base photographe et sensible à l’univers artistique, plonge dans Internet. Elle se documente, s’intéresse aux témoignages des parents d’autistes et comprend vite les besoins de son fils. Petit à petit, Pipoye montre une attirance pour l’outil informatique, il s’en sert pour s’exprimer et dévoiler à son tour sa fibre artistique. «Internet et l’art ont été des éléments fondamentaux dans son éducation, son épanouissement et  dans son apaisement. Il a découvert le monde ainsi que l’art  en surfant sur le Web. Il a aussi appris à lire et à écrire grâce à des exercices interactifs.  Les personnes autistes sont souvent très à l’aise avec l’outil informatique».

D’autiste… il devient artiste

Pour cela, il faut les initier dès leur plus jeune âge à manipuler des tablettes numériques  mais sous surveillance et avec discipline. Quant à l’art, ils sont aussi nombreux à s’y intéresser. Très jeune, Pipoye a baigné dans un environnement artistique, étant moi-même artiste-photographe. Donc, l’art est crucial pour les êtres autistes, pour les êtres humains tout court. «L’art est salvateur, l’art permet de nous évader, de créer et de nous exprimer».

Aujourd’hui, âgé de 19 ans, Pipoye est un artiste- peintre digital international reconnu. En 2011, il  a fait sa première exposition à la FOL . Une partie de ses œuvres a été exposée à la Soho Digital Art Gallery à New York et ses réalisations ont même figuré dans l’édition 2012 d’un livre intitulé «The art of Autism» de l’Américaine Debra Hosseini. Aujourd’hui, Pipoye n’est pas uniquement un pseudo pour signer ses œuvres mais c’est aussi une marque déposée est aussi une marque déposée puisqu’il a  conçu des peintures digitales pour personnaliser les coques d’Ipad et les capots de PC pour le café VIP de la FIAC au grand palais à Paris. il présente aussi des produits dérivés comme les T-shirts, les cartes et cahiers.

Pour briser les idées reçues sur l’autisme, Imane réalise pour sa part des courts métrages, écrit des scénarios et organise des expos photos, des spectacles de danse, et des conférences. Son but est aussi d’aider les parents à comprendre leurs enfants. «Vivre autiste, c’est être une personne comme les autres qui aspire à une vie pratique, intellectuelle et affective, au bonheur de réussir, à une responsabilité sociale, économique, civique, dans la dignité et la sécurité. Vivre autiste, c’est être heureux, beau, jouir des plaisirs, aimer. Malheureusement, les systèmes éducatif et scolaire en général sont si rigides que même les enfants «normaux» s’y perdent. L’enfant autiste  prend son temps, il apprend par ses sens. Pas besoin de le bousculer ou de le brusquer, il suffit de l’écouter, de l’observer, de l’accompagner, de respecter son rythme  pour que sa personnalité et son intelligence se dévoilent. Orientez-le en fonction de ses centres d’intérêt tout en vous  armant de patience et positivez même si les obstacles sont  nombreux».

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