Elle le tue au nom de son honneur

Trente ans de réclusion criminelle est la peine qui a été prononcée par les magistrats de la Chambre criminelle près la Cour d’appel d’Oujda à l’encontre de la femme qui avait tué et décapité le corps de son mari. Selon les poursuites judiciaires, l’accusée devait être condamnée à la peine capitale, elle a donc bénéficié des circonstances atténuantes. Et quoi que la condamnation dans cette affaire de meurtre prémédité n’est pas le maximum prévu par la loi, les avocats de la protagoniste ont présenté une demande de cassation devant la Cour suprême. En attendant, voici le récit de cette dramatique histoire qui a commencé, il y’a plus de quarante ans. Malika âgée de soixante ans a connu son mari en 1962. L’année suivante, l’homme en question la demanda au mariage et lui accorde effectivement sa main. A l’époque, Aârab était plus âgé que son épouse de deux ans. Quelques années plus tard, il déniche un contrat de travail à l’étranger et promet à sa femme qu’à peine installé, il sera de retour pour venir la chercher. Aârab est en effet un homme de parole, sa promesse a été mise en pratique. Ils se sont installés dans une petite localité au sud de la France et entament une nouvelle vie pleine de joie et de bonheur. Malika réussit à trouver un travail de femme de ménage et pour compléter leur grand bonheur, une première naissance d’une belle petite fille comble leur foyer. D’autres naissances vont suivre la première et la famille Aârab devient un exemple de réussite conjugale. Ils achètent la première maison à Oujda, puis une autre et la série des affaires immobilières, ne s’est plus arrêtée. Que ce soient les enfants ou les parents, à chaque fin d’année, ils débarquent au Maroc pour les vacances. Et voilà que depuis quelques années, le père Aârab revient seul au pays dans des périodes qui ne se coïncident pas avec les vacances scolaires des enfants ni avec le congé annuel de son épouse. Même si les allers et retours se sont multipliés, la femme ne s’est jamais doutée de rien. A chaque fois qu’elle lui pose la question sur le pourquoi de ses multiples voyages, c’est toujours la même réponse : quelques problèmes au niveau de leurs affaires immobilières. Seulement, les voyages d’Aarab deviennent de plus en plus nombreux au point de créer des doutes au sein de la famille. Pour avoir la conscience tranquille, Malika engage une sorte de détective chargé de le suivre dans ses voyages. Sa première enquête a révélé qu’ Aarab est amoureux d’une jeune fille et il compte la prendre comme seconde épouse. Pire encore, avant de demander sa main, il lui avait offert plus de 50 % de ses biens. Malika qui a consacré toute sa vie à Aârab n’a pas voulu croire aux dires de son investigateur, elle refuse d’admettre que le père de ses enfants était devenu infidèle. Pour s’en assurer, elle le laisse partir et le rejoint deux jours après. La pauvre Malika ne croyait pas ses yeux, l’enquête du fameux détective n’est pas un mensonge. Elle s’est sentie tellement humiliée, mortifiée et atteinte dans sa dignité au point de penser à lui faire payer son infidélité. Elle ne prévient même pas ses enfants de la folle idée qu’elle avait en tête. Malika n’a plus rien à perdre et de toute façon, les biens immobiliers qu’ils avaient achetés ensemble ont tous été offerts gratuitement. Elle téléphone à son mari et lui fait savoir qu’elle venait juste de rentrer au pays. La première nuit, pendant qu’il était dans un profond sommeil, Malika s’empare d’un grand couteau de cuisine et s’acharna sur l’époux sans le moindre regret. Elle l’égorge, le décapite et enterre son corps. Les voisins qui étaient au courant de la présence d’Aârab, avertissent les autorités de son absence soudaine et sans aucune résistance, Malika avoue son horrible délit en racontant, les larmes aux yeux, sa triste histoire. Le verdict a été prononcé au cours de la semaine écoulée. Trente ans de prison ferme.

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