Elmiloud Hamdaoui : «L’ouverture sur les langues vivantes est une nécessité économique»

Elmiloud Hamdaoui : «L’ouverture sur les langues vivantes est une nécessité économique»

ALM : Le débat sur le recours aux langues étrangères comme outil de formation semble s’estomper au profit de convictions de plus en plus partagées. Qu’en est-il au juste ?
Elmiloud Hamdaoui : Quand on parle de l’apprentissage d’une langue étrangère, il ne faut pas s’enfermer dans sa singularité. On parle de plus en plus de citoyens du monde (Citizen of the world). Un concept qui est en train de s’opérationnaliser dans l’apprentissage des langues les plus usitées : L’anglais en fait partie. Cela est imposé par la globalisation qui nous interpelle et nous oblige à nous ouvrir sur le monde pour assurer la pérennité de notre propre langue. L’ouverture économique a engendré de grands changements comportementaux dont la communication à multiples langues. L’anglais est devenu par la force des choses une langue incontournable pour la recherche scientifique et la réussite professionnelle. C’est une nécessité non seulement sociale, culturelle ou humaine mais pluridisciplinaire corroborée par d’immenses intérêts économiques. D’autant plus qu’il faut reconsidérer les langues à leurs propres valeurs comme outil de communication sans trop se soucier de ce qui est individuel ou collectif.

Et la langue maternelle dans tout cela?
La maîtrise de la langue maternelle est une condition sine qua non pour la réussite de tout système éducatif. De fait, il faut éviter de croire que l’arabe, par exemple, n’est pas une langue de technologie et de high-tech. La langue maternelle étant un ensemble de valeurs qui forgent la spécificité individuelle. L’idéal serait de maîtriser sa langue et deux ou trois autres langues. Et c’est le minimum dans un monde à multiples vitesses. Cela nous permettra, dans le cas pédagogique, de nous inspirer directement des approches innovantes dans le domaine didactique au lieu d’attendre des traductions qui font des décennies pour arriver chez nous. En plus c’est à nous de faire de notre langue maternelle un outil maniable en mesure de tirer profit des nouveaux langages C, HTLM, SQL ou Latex entre autres.

Un tel apprentissage est à faire dès le jeune âge ou au contraire il faut attendre le cycle secondaire ?
On apprend plus vite entre 8 et 15 ans, alors que les langues étrangères ne sont enseignées de manière soutenue, dans notre pays, qu’au lycée. C’est une erreur à corriger au plus vite en adoptant, par exemple, l’approche tunisienne qui oblige l’apprentissage de l’anglais dès le primaire. C’est l’âge critique pour forger la personnalité de l’enfant. Il est prouvé scientifiquement que le cerveau à cet âge-là est plus réceptif à l’apprentissage et la maîtrise des langues. Je pense qu’il faut appliquer au plus vite les recommandations de la charte nationale qui stipule l’ouverture sur les langues vivantes dès la 6ème année de l’enseignement fondamental.

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