En attendant le verdict des urnes

Jamais dans l’histoire politique de notre pays, des élections n’ont aussi focalisé l’intérêt des députés. Dans les expériences du passé, le débat était biaisais et portait souvent sur des questions des généralités.
Certes, plusieurs partis, qui se trouvaient dans l’opposition, revendiquaient le changement du mode de scrutin, la révision des listes électorales et des procédés liés aux opérations de vote.
Dans la plupart des cas, l’accent est mis sur les garanties de l’intégrité des élections et du respect de la loi, particulièrement, en ce qui concerne la neutralité de l’administration centrale.
Aujourd’hui, conformément aux avancées observées dans le domaine des libertés publiques et des droits de l’homme, l’ordre des priorités connaît un net changement par rapport au passé. Il n’est donc pas fortuit d’entendre un député et, de surcroît, chef d’un parti politique, en l’occurrence Mahmoud Archane, secrétaire général du MDS ( Mouvement démocratique et social) accuser l’ensemble de ses interlocuteurs dans l’enceinte parlementaire de compromission avec le ministère de l’Intérieur et les chefs des dirigeants politiques d’avoir négocié et accepté « le quota », comme préalable à chaque échéance électorale.
Cette position, qui survient après l’intervention de Ahmed Rih, député de l’USFP à Rabat, avait pour objectif de semer le doute sur les promesses portant sur les lendemains chantants de la démocratie.
M. Rih n’est ni un intrus dans l’enceinte parlementaire, ni étranger à l’action électorale, rappelle-t-on. En fait, cet homme, souvent calme et donnant l’impression d’être timoré, a non seulement approché le domaine législatif, comme il le fait maintenant, en tant que député, mais il connaît les détails de l’exercice électoral, aussi bien au le plan local, qu’au niveau du Parlement. Il est témoin de l’évolution du fonctionnement de l’appareil législatif, des partis qui y siègent et des personnes qui s’y sont succédé. C’est à ce titre, d’ailleurs, qu’il s’est prononcé lors du débat général de la Commission de l’Intérieur au Parlement, en faisant le lien entre les adversaires du changement aujourd’hui et ceux qui cautionnaient la fraude et la dénaturation de la volonté populaire dans le passé.
Face aux positions «de principes» exprimées par les députés de la majorité et de l’opposition, le ministre de l’Intérieur se porte garant de l’application à la lettre des directives royales appelant à la transparence et à l’intégrité des élections.
Mais, à chaque question, il répond sur la base du projet gouvernemental. Ainsi, il défend le mode de scrutin de liste, le seuil minimal de représentativité à la Chambre des représentants et la liste des femmes, etc… Mais là où il se démarque le plus, c’est dans sa détermination à vouloir inscrire les prochaines élections dans le cadre de la normalisation des rapports entre l’Etat et la société, en garantissant l’égalité des chances de tous les Marocains face au verdict des urnes.
Un appel a été donc adressé aux partis en vue d’assumer leur responsabilité, puisque le temps des SAP ( Sans appartenance politique) relève désormais du passé .

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