En attendant l’expulsion

En attendant l’expulsion

L’ambiance cette soirée du dimanche 13 mars était particulièrement «sereine » dans cette maison privée de Casablanca qui abritait une réunion pas comme les autres du Bureau politique élargi de l’Union Constitutionnelle (UC). Objectif : «dynamiser les structures du parti et l’ouverture du Bureau politique à d’autres compétences». Un ordre du jour qui explique en partie la décision prise cette soirée. Le Bureau politique se devait en effet de trancher, notamment, sur le sort de deux de ses membres, Abderrahmane Amalou et Abdelaziz Messioui.
Après un exposé du secrétaire général par intérim, Mohamed El Abied, sur la situation actuelle et les perspectives d’avenir du parti, suivie d’une discussion jugée «sereine» par certains membres présents, la sentence est tombée. Abderrahmane Amalou, ancien ministre de la Justice et Abdelaziz Messioui, ex-secrétaire d’État chargé de l’UMA et trésorier du parti, ne font plus partie du Bureau politique.
S’inscrivant dans le cadre d’un long processus de remise en question, avec la formulation, entre autres, d’un mémorandum stratégique «Renaissance ou refondation», les deux décisions répondent, selon une source informée, «à une nécessaire refonte du parti par le parti». Pour ce responsable, la mise à l’écart de Amalou est une réponse à des vœux formulés depuis quelque temps par certains milieux d’affaires, proches du parti, qui se souviennent toujours de la campagne d’assainissement menée en 1996. Une l’époque où Amalou était ministre de la Justice et donc, en partie, responsable des irrégularités qui ont marqué cette opération, loin de consacrer l’indépendance de la Justice. «D’autant que, fatigué et ayant subi ces derniers temps plusieurs soins médicaux, M. Amalou ne participait plus aux travaux du Bureau politique. Il était donc opportun de lui demander de geler son activité ».
Pour Messioui, désormais ancien trésorier de l’UC, les responsables du parti préfèrent parler d’une rencontre « entre la volonté librement formulée par le concerné et l’exigence fortement exprimée» par des acteurs du parti, notamment ceux de la région Marrakech-Tensift, de mettre fin son activité.
« Il s’est trouvé que l’évolution que connaît le parti a requis à ce moment précis que M. Messoui soit remplacé ». Et il l’a bel et bien été, le nouveau trésorier, le député et membre de la Chambre de commerce de Casablanca, Abdellah El Hassani, étant d’ores et déjà désigné. Cette décision n’est pas la première du genre. Le parti avait déjà fait le choix de se séparer de certains membres. A commencer par Abdelmoughit Slimani, «bien avant que l’affaire Slimani-Laâfora ne commence», et Mohamed Kemmou, ancien président UC de la commune urbaine de Hay Hassani. «Cela fait déjà quelques années que nous avons entamé un processus d’aggiornamento, d’assainissement interne et de reprise en main du parti.
Objectif, le renouvellement et la redynamisation aussi bien de nos instances que nos actions avec, pour finalité, d’installer la confiance et de faire de l’UC un parti fort, de droite mais réformateur, fidèle à ses fondements mais tourné vers l’avenir et la modernité, libéral mais avec un engagement social», déclare un militant. Parmi les mesures prises dans ce sens, l’élargissement du Bureau politique de l’UC à d’autres acteurs. Ainsi, et lors de la même soirée, cinq parlementaires UC de la Chambre des représentants ont été choisis pour y figurer doublés de cinq autres membres de la Chambre des conseillers. A eux s’ajoutent cinq membres de l’organisation de la Jeunesse UC et cinq membres de l’organisation des femmes de ce parti. D’autres candidatures proposées par le secrétaire général ont également été retenues.
Le tout, en perspective du prochain Congrès du parti, prévu courant 2005. Avec comme objectif final de rajeunir les instances du parti et d’attirer les compétences issues de divers horizons.

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