Enfance : les chiffres parlants de l’UNICEF

Enfance : les chiffres parlants de l’UNICEF

Ils sont 9.000 enfants à faire l’école buissonnière à Tanger. Ce chiffre vient d’être dévoilé par le Fonds des Nations Unies pour l’Enfance, UNICEF, qui a mené une profonde étude sur l’enfance dans la ville du détroit. «Certes ce chiffre concernant les enfants âgés de 10 à 17 ans est provocateur, mais ce que nous cherchons en fait c’est de sensibiliser et participer au développement», annonce Dominique Tallet, responsable du programme éducation à l’Unicef Maroc. Et d’ajouter: «c’est en quelque sorte notre manière à l’Unicef de prendre part à l’Initiative nationale pour le développement humain (INDH). Notre objectif est d’analyser la situation de l’enfance au niveau local».  Cette étude démontre également que la perle du Nord arrive en tête du peloton des villes où les enfants quittent à un âge très précoce les bancs de l’école. En fait, elle occupe la première place par le nombre d’enfants ayant abandonné l’école avant la fin du cycle primaire avec un taux qui s’élève à 65%. Et dans 40% de ces cas, l’abandon scolaire arrive sur décision parentale.  «Ces 9.000 enfants représentent près de 20% du total des enfants de Tanger. Nous estimons qu’il y a environ 30. 000 enfants dans cette ville», précise Abdelaziz El-Ghorbaf de l’Unicef. Les travaux de l’Unicef sont concentrés sur trois cités, à savoir Tanger, Fès et Marrakech. Pour ces deux villes impériales, ce Fonds estime que le nombre d’enfants en dehors des écoles est respectivement de 13.000 et 10.000.  «Cette étude a révélé également qu’une femme sur trois décède en accouchement. Il est temps donc d’agir dans ce sens parce qu’avoir une mère vivante est le premier des droits pour les enfants. Le but d’entamer une action sociale est de donner plus à ceux qui n’ont pas et non de donner la même chose à tout le monde», lance Dominique Tallet.  Par ailleurs, c’est aujourd’hui où l’Unicef rend public son rapport sur la situation des enfants dans le monde. Ce rapport s’intéresse de très près aux «enfants exclus et invisibles». Au Maroc, cet événement sera organisé dans le cadre d’un partenariat entre le secrétariat d’Etat chargé de la Famille, de l’Enfance et des Personnes handicapées, l’Observatoire national des Droits de l’enfant et l’UNICEF et sera l’occasion pour présenter les actions prises pas le Maroc en faveur des enfants les plus exclus. Une rencontre sur ce thème est prévue aujourd’hui à Rabat. «Chaque année, dans le monde en développement (sauf la Chine), 55% de toutes les naissances ne sont pas enregistrées : plus de 50 millions d’enfants commencent leur vie sans avoir d’identité», relève-t-on dans ce rapport qui signla aussi que «rien qu’en Asie du Sud, 24 millions d’enfants ne sont pas enregistrés, cette région étant celle où le nombre de naissances non déclarées est le plus élevé. En Afrique subsaharienne, 18 millions de naissances ne sont pas enregistrées». Et c’est bel et bien le chapitre réservé au problème du trafic d’enfants qui intéresse le plus d’observateurs internationaux. «Les enfants vendus disparaissent sans laisser de traces dans des milieux clandestins et illicites. Ils sont presque entièrement invisibles dans les statistiques. Selon les meilleures estimations disponibles, il y aurait 1,2 million d’enfants vendus chaque année».  L’autre chapitre et non des moindres concerne la détention des enfants. Selon les estimations actuelles, ils seraient plus d’un million dans le monde.

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