Enfin, le consulat du Maroc à Almeria

Le consulat du Maroc à Almeria (sud-est de l’Espagne) devait enfin ouvrir ses portes ce lundi. Le consul général du Maroc à Almeria, Mohamed Haïti a précisé que toutes les dispositions légales et réglementaires avaient été prises à cet effet. Rien donc n’empêchait plus l’ouverture de cette représentation du Royaume au quartier Mediterraneo-oliveros de la ville d’Almeria. L’ouverture était en fait prévue au mois de mars dernier. Les autorités marocaines l’avaient cependant reportée à plusieurs reprises, en raison des manifestations organisées par les habitants des quartiers devant abriter la mission consulaire. Il fut également question d’ouvrir la représentation à Pescaderia, puis à Gerona, mais les autorités marocaines ont dû renoncer à ces sites. Des démarches furent entreprises auprès des autorités locales d’Almeria et le quartier de Mediterraneo-oliveros fût enfin choisi pour abriter le consulat. Ces mouvements de protestations qui ne sont pas sans rappeler les tragiques événements d’El Ejidio du 5 février 2001, quand les rues d’Almeria furent transformées en véritable arène de chasse au Maure, sur fond de guerre économique entre l’Espagne et le Maroc. Beaucoup de travailleurs marocains de la région n’avaient dû leur salut qu’au fait d’avoir fui dans les collines voisines. Une foule en délire s’était attaquée aux commerces maghrébins et même à des sièges d’associations, comme celle des Travailleurs immigrés marocains en Espagne (ATIME,) ou des associations de solidarité, comme «Accueil-Almería». Même les journalistes espagnols présents pour couvrir ces événements avaient été malmenés par leurs compatriotes. Suite à ces évenements, les sans-papiers de la région, en majorité des marocains, avaient déclenché une grève de plusieurs jours. Ils finirent par arracher un accord entre immigrés, syndicats et organisations patronales qui prévoyait entre autres la régularisation immédiate des sans-papiers recensés dans la province d’Almería, une enquête publique sur les événements, l’ouverture de guichets locaux d’accueil des étrangers, des programmes de sensibilisation du public pour l’intégration des immigrés et la création d’une commission permanente de surveillance de l’accord. L’ouverture d’une nouvelle représentation du Maroc dans la ville aurait pu s’inscrire dans cet élan de redressement. Elle aurait pu dans ce cadre bénéficier du soutien de ceux qui voulaient éviter que de tels événements puissent se reproduire. Il a cependant fallu aux autorités marocaines lutter longtemps pour venir à bout des résidus de réticence ancrés dans les esprits des habitants espagnols de la région. Quoiqu’il en soit, la nouvelle représentation permettra à quelque 40.000 immigrés marocains, établis dans les provinces d’Almeria et de Grenade, de régler leurs affaires administratives sans avoir à se déplacer jusqu’à Algésiras pour accomplir les formalités nécessaires auprès du consulat du Maroc dans la région de Cadiz. Elle sera également d’un grand secours lors de l’opération transit, outre les contacts qu’elle facilitera pour les hommes d’affaires des régions d’Alméria et de grenade, désireux d’investir au Maroc. Une démarche qui fait l’affaire de tout le monde, au-delà des réticences racistes.

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