Enlevée par son ami

Enlevée par son ami

Mardi 24 février aux environs de 19h. Samira, dix-huit ans, vient de sortir de l’école privée où elle suit des cours supplémentaires surtout en mathématiques, physique et chimie. Elle marche à pas lents en compagnie d’une copine. Elle ne se rend pas compte de cette voiture qui suit leurs pas étant plongée dans une conversation avec sa copine. Pas moins de trois minutes, les deux filles se séparent et Samira reprend son chemin à destination de chez elle à la Cité Plateau à Casablanca. Elle commence à se hâter pour arriver tôt, surtout que la nuit vient de tomber. Tout à coup, elle se plante sur place. Perturbée, elle reste bouche-bée durant quelques secondes. Qu’est-ce qu’il lui est arrivé ? Un jeune homme ouvre la portière droite de la voiture qui la suit depuis quelques minutes, descend, se dirige vers elle, la maintient, la pousse vers la voiture, tente de l’obliger par force d’y monter. Elle résiste, tente de reculer. Mais en vain.
Un deuxième jeune homme descend, avance vers Samira, tente d’aider son ami à l’introduire dans le véhicule. Il la tient par les pieds alors que le premier jeune homme la maintient par les bras. En un clin d’oeil, ils la jettent à l’intérieur de la voiture où se trouve un troisième jeune homme. Le chauffeur démarre à toute allure. Qui a assisté à la scène ? Il semble que personne ne passait en ce moment. Sinon, pourquoi personne n’est intervenu à son secours ? Le chauffeur conduit à une grande vitesse, grille les feux rouges sans crainte. Il était sûr de lui-même. Ses deux compagnons rigolent, rient, bavardent. Ils étaient pleins de joie comme s’ils ont réalisé un exploit. Le conducteur ne s’est arrêté qu’une fois devant la porte d’une villa située au quartier Oasis. “Que voulez-vous de moi ?“ demande Samira qui les supplie de la relâcher. Pas de réponse. Le chauffeur de la voiture lui explique qu’il ne veut rien d’elle, sauf passer en sa compagnie quelques moments sur un même lit. Elle fond en larmes, l’implore de la laisser partir parce qu’elle doit rentrer chez elle. Il semble qu’il n’entend que ses désirs. Ses deux compagnons se contentent de regarder la scène cette fois sans réagir. Le chauffeur descend de la voiture, ainsi que ses deux compagnons. Alors Samira refuse de descendre, elle reste collée sur le banquette arrière. “Non, je ne descends pas“. Elle commence à crier et à appeler au secours quand elle s’est rendue compte de la présence de quelques passants. Le chauffeur de la voiture, la gifle violemment, lui assène un coup de poing sur le visage. L’un des deux compagnons intervient, lui demande de cesser de la violenter.
Quelques badauds s’attroupent autour de la voiture sans intervenir. L’un des deux compagnons pousse le chauffeur, l’écarte de quelques mètres. L’autre tient Samira par la main, l’aide à sortir de l’intérieur de la voiture et lui demande de partir. Effectivement, elle part en un clin d’oeil à destination de derb Ghallef.
Seulement, quand elle a tourné la tête pour s’assurer, elle remarque le chauffeur de la voiture qui la suit une fois encore. Aussitôt, elle s’adresse à un automobiliste, lui demande de la sauver des griffes de l’assaillant. Il lui ouvre la porte. Elle y monte pour qu’il démarre à destination de chez elle. Une fois arrivée, elle raconte l’histoire à ses parents.
Mercredi 25 février, Samira, accompagnée par ses parents, se rend au commissariat de police et dépose une plainte. Les éléments de la brigade mondaine de la police judiciaire de Casablanca-Anfa se chargent de l’affaire. Samira leur révèle les signalements du chauffeur de la voiture et son adresse.
Quelques heures plus tard, il a été arrêté. Il s’agit de Mohamed. F, vingt-huit ans. Ce dernier a révélé l’identité de ses deux compagnons aux enquêteurs. Il s’agit de son frère, Youssef. F, dix-neuf ans et son ami, Youssef. R, vingt et un ans. Tous les trois ont été conduits après l’audition de leurs déclarations, devant le parquet général près la Cour d’appel de Casablanca. “Entretiens-tu une relation avec Mohamed ?“, demande le substitut du parquet général à Samira.
Par pudeur, elle baisse la tête pour répondre positivement. “Je lui ai téléphoné avant qu’il arrive chez moi“, précise-t-elle au représentant du procureur général. Pourquoi a-t-elle refusé de monter avec lui quand il l’a sollicitée ? Elle s’est inquiétée quand elle a remarqué les deux autres jeunes hommes en sa compagnie. Pour ces raisons, le représentant du ministère public a décidé de les renvoyer devant la chambre correctionnelle près le tribunal de première instance de Casablanca-Anfa.

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