Enseignants contractuels : La fonction publique ou rien !

Enseignants contractuels : La fonction publique ou rien !

Les syndicats rejettent les propositions du gouvernement

Les contractuels seront intégrés aux académies régionales selon les mêmes conditions que les effectifs de n’importe quel établissement public, sans pour autant accéder au statut de fonctionnaire.

Le bras de fer se durcit entre les enseignants contractuels et le ministre de l’éducation nationale. Les principaux syndicats, à savoir l’UGTM, l’UMT, la CDT, la FDT et FNE ont rejeté en bloc les propositions du gouvernement.  Ils protestent contre les CDD et exigent l’intégration des contractuels dans la fonction publique. Le ministre de l’éducation nationale, Said Amzazi, avait reçu samedi après-midi les syndicats les plus représentatifs du secteur pour leur faire part des propositions du gouvernement  concernant   la situation des 55.000 enseignants contractuels et des 15.000 autres qui poursuivent toujours leur cursus de formation.  Auparavant, le chef de gouvernement, Saad Eddine El Othmani,  avait demandé au ministre d’engager un dialogue dès samedi 9 mars avec les syndicats afin de satisfaire le maximum de leurs revendications. Cette réunion n’a finalement abouti à aucun accord. Dans un communiqué, les cinq syndicats ont exprimé clairement   leur désaccord avec le gouvernement. Ces derniers estiment que la seule solution est l’intégration dans la fonction publique sinon le blocage.

Ce que propose le gouvernement

A l’issue de la réunion avec les syndicats, le ministre de l’éducation nationale a rendu publique une liste de «propositions» à effet «immédiat et irréversible». L’une des mesures importantes est l’abandon du système contractuel. Chaque académie régionale recrutera et gérera ses effectifs en fonction de ses besoins et de ses budgets spécifiques. Les contractuels seront intégrés aux académies régionales selon les mêmes conditions que les effectifs de n’importe quel établissement public, sans pour autant accéder au statut de fonctionnaire. Ils bénéficieront d’avantages comparables à ceux de leurs collègues fonctionnaires. Mais la mobilité sera limitée à la région dont relèvera l’académie qui les a recrutés.

Le gouvernement propose aussi «la promotion en accordant aux cadres des Aref le droit à l’avancement de grade et d’échelle tout au long de leur carrière. Il s’agit également de la révision de l’article 25 du statut relatif à la retraite suite à une maladie grave, de manière à répondre favorablement à cette revendication et permettre aux cadres des AREF l’accès aux mêmes droits des autres fonctionnaires». S’ils remplissent les conditions nécessaires, ils auront le droit  de passer les concours des inspecteurs,    les concours d’agrégation ainsi que la possibilité de faire partie du corps administratif ou de l’orientation pédagogique. Les propositions du gouvernement visent également à leur permettre  l’accès aux postes de responsabilité (chef de service, chef de division, directeur provincial,…), conformément aux conditions et modalités en vigueur.

La colère des contractuels se poursuit

Les enseignants contractuels ont décrété une semaine de colère qui a débuté le lundi 4 mars. Ces derniers ont décidé de la prolonger d’une semaine supplémentaire et ce à compter du 10 mars. Les principaux syndicats marocains ont par ailleurs appelé à une «marche nationale» le 12 mars à Rabat en soutien aux enseignants contractuels «réprimés» par la police le 20 février lors d’un grand rassemblement dans la capitale. Cela fait plusieurs mois que  les 55.000 enseignants contractuels manifestent régulièrement   contre les CDD qui rappelons-le, sont en vigueur depuis 2016 dans l’éducation nationale.

Rappelons que les besoins et le nombre des contractuels sont fixés annuellement par le ministère de l’éducation nationale en coordination avec les Aref et après approbation du ministère des  finances.   

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *