Enseignement : Est-ce que les écoles publiques sont vraiment en régression dans nos villes ?

Enseignement : Est-ce que les écoles publiques sont vraiment en régression dans nos villes ?

Selon M. El Hayani, le ministère a été contraint de procéder à la fermeture de certains établissements scolaires durant ces dernières années en raison notamment de la nette régression du nombre de nouveaux élèves inscrits dans l’enseignement primaire du secteur public.

Est-ce qu’il y a moins d’écoles qu’avant dans nos villes ? Nous avons cherché à répondre à cette question posée par plusieurs observateurs de la scène qui s’intéressent à la chose éducative, notamment le député de la Fédération de la gauche démocratique, Omar Balafrej, dans l’un de ses podcasts hebdomadaires. Réponse du ministère de l’éducation nationale et de la formation professionnelle : «Certes, il y a des fermetures d’établissements publics chaque année dans certains centres villes mais ces fermetures restent limitées au regard des efforts déployés par l’Etat en matière de construction de nouveaux établissements», indique Abdelhaq El Hayani, directeur de la stratégie, des statistiques et de la planification au ministère de l’éducation nationale et de la formation professionnelle. Selon lui, le ministère a été contraint de procéder à la fermeture de certains établissements scolaires durant ces dernières années en raison notamment de la nette régression du nombre de nouveaux élèves inscrits dans l’enseignement primaire du secteur public, en particulier dans les centres des grandes villes comme Casablanca, Rabat, Fès, Marrakech, etc. Cela s’explique principalement par la mutation démographique que connaissent ces villes mais également par la compétitivité de l’enseignement privé dans certains quartiers. Toutefois, la demande est toujours pressante au niveau des périphéries de ces villes ainsi qu’en milieu rural. En effet, les déplacements des ménages dans le cadre des projets de lutte contre l’habitat insalubre, ou pour des causes économiques liées à l’offre des logements de type social et économique dans le périurbain.  M. El Hayani indique dans ce sens qu’«hormis ces cas, il est rare que le MENFP procède, de sa propre initiative, à la fermeture des établissements scolaires malgré la présence d’élèves. En effet, afin de préserver la sécurité des usagers, il est procédé à l’évacuation sans délai de certains établissements scolaires. Des expertises techniques sont alors menées pour évaluer la dégradation et définir le type d’intervention (réhabilitation ou démolition et reconstruction), en ayant pris toutes les dispositions pour assurer la continuité de la scolarité des élèves». «Donc il ne s’agit nullement de la disparition des écoles publiques au regard, d’une part, de l’effort de l’Etat en matière de construction des établissements scolaires. D’autre part, le nombre d’établissements scolaires fermés reste limité», explique-t-il.

Une crise de l’enseignement au Maroc, ou bien la tendance à la privatisation de l’éducation

Contrairement aux idées perçues, l’évolution de la part de l’enseignement privé est passée uniquement de 10,9% en 2011-2012 à 13,8% en 2016-2017, c’est dire que le privé n’a gagné que presque trois points en l’espace de cinq ans alors que l’objectif visé dans la Charte de l’éducation et de l’enseignement de 2008 était d’augmenter à 20% la part du secteur privé à l’horizon de 2015, et de 25% à l’horizon de 2024, indique M. El Hayani.

Ce que propose le ministère pour y remédier

Selon le directeur de la stratégie, des statistiques et de la planification au ministère et pour satisfaire la demande potentielle de la population en âge de scolarité, le ministère ne cesse de diversifier et améliorer ses démarches méthodologiques et ses techniques de planification par la mise à jour du dispositif de la planification de l’éducation, à savoir : les critères d’implantation des établissements ; l’instauration de nouveaux modèles des établissements tels que les écoles communautaires et les écoles associées; et enfin la détermination des besoins en constructions scolaires à moyen et long termes.

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