Enseignement secondaire : Les grévistes de la «cellule 9» boycottent les examens

Enseignement secondaire : Les grévistes de la «cellule 9»  boycottent les examens

Les enseignants grévistes qui militent pour l’avancement sur diplômes et qui ont multiplié les manifestations de rue tout au long de ces deux mois dans la capitale ont décidé de franchir un nouveau degré dans l’escalade de la protestation à partir de ce début de semaine.

Ils ont, en effet, dit leur volonté samedi dernier au cours d’une assemblée tenue à Rabat de porter «à nouveau la lutte dans les établissements scolaires». Selon les déclarations faites par des membres de leur coordination nationale à certains médias qu’ils jugent acquis à leur cause, ces enseignants qui s’estiment «exclus de la promotion par le diplôme» et dont beaucoup se considèrent prisonniers de l’échelle 9 à laquelle ils ont été embauchés, ont décidé de ne pas participer à l’élaboration et à la mise en œuvre des examens de leurs classes cette année.

Nous ne participerons ni à l’élaboration ni au passage des examens proprement dits et encore moins à leur surveillance et à leur correction, ont déclaré des représentants de ces 5.000 enseignants qui revendiquent la prise en compte des nouveaux diplômes qu’ils ont obtenus après embauche pour évaluer leur nouveau statut.

Ils ont ajouté que ce faisant, ils entendent mettre devant ses responsabilités chacun des protagonistes du problème de la suspension du processus de la promotion par le diplôme. Jusqu’en 2010-2011, ont-ils précisé, cet avancement se faisait naturellement, «qu’est-ce qui justifie le changement brusque intervenu en 2010-2011 et que l’échelle 9, en particulier, soit devenue la cellule 9 de triste mémoire ?».   

Pour la coordination nationale du mouvement, cette rupture n’est pas étrangère à l’arrivée du Parti de la justice et du développement (PJD) au gouvernement. Des militants de base parlent «de la fâcheuse manie qu’ont les nouvelles autorités de vouloir imposer la participation d’un concours à propos de tout et de rien».

Plus sûrement, le changement de stratégie qui promet de ramener vers les écoles le mouvement revendicatif contre la promotion exclusive dans l’enseignement secondaire a des causes plus prosaïques. Depuis quelques semaines en effet, les marches dans le centre-ville et les sit-in devant le Parlement d’enseignants exclus ne mobilisent plus autant de participants qu’aux premiers jours.

Alors que le nombre des marcheurs était estimé à environ 2.000 à 3.000 les premiers temps, ils n’étaient plus que quelques centaines à oser braver les sécuritaires et le ras-le-bol des machinistes dérangés dans leurs habitudes par les protestataires qui leur disputent la chaussée. Après deux mois de marches quasiment ininterrompues, les enseignants qui sont venus des régions lointaines s’en sont retournés chez eux et seule une minorité est restée à pied d’œuvre.

De surcroît, la décision de l’administration d’amputer les salaires des marcheurs des émoluments afférents au nombre de jours durant lesquels ils n’ont pas assuré leurs classes, a dissuadé un grand nombre de protestataires de poursuivre un mouvement dont l’issue est incertaine. Malgré les marches, le ministère de l’éducation nationale et de la formation professionnelle est resté en effet inflexible sur sa décision de promotion par voie de concours pour tous ceux des enseignants du second degré qui aspirent passer de l’échelle 9 à l’échelle 10.

Au total, laissent entendre des commentateurs, le changement de stratégie des exclus de la promotion par le diplôme obtenu après embauche, et par lequel ils entendent provoquer une réaction des associations des parents d’élèves, n’est plus ni moins qu’un aveu de désarroi. Déstabilisés par la fermeté de l’administration, les protestataires en appellent à de nouveaux protagonistes, «mais s’y prennent mal».

En déclarant nettement leur intention de prendre en otage les élèves, les enseignants grévistes risquent de davantage cristalliser le mécontentement autour de leur cause. Beaucoup de parents pensent en effet que les choses ont trop duré et qu’il est temps de mettre fin «au cycle vicieux» car quelque 200.000 élèves risquent l’année blanche.

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