Entretien avec Abdellah Elferdaous : «à l’UC, nous ne faisons pas dans la surenchère des chiffres»

Entretien avec Abdellah Elferdaous : «à l’UC, nous ne faisons pas dans la surenchère des chiffres»

ALM : Jusqu’à ce jour, vous n’avez pas encore présenté votre programme électoral. Quels en sont les grands axes ?
Abdellah Elferdaous : Notre programme électoral est prêt et va être présenté lors de la deuxième semaine de ce mois d’août. Nous avons des agendas partisan et politique qui ne sont pas forcément similaires à ceux des autres formations politiques qui ont, à ce jour, dévoilé une partie de leurs programmes. Nous n’avons accusé aucun retard et la préparation de la prochaine échéance électorale obéit à la voie que nous nous sommes tracée. Il faut relever également que ce qui a été présenté en tant que programmes électoraux n’en est pas si l’on s’en tient à la signification exacte d’un programme électoral. Dans la majorité des cas, il s’agit en fait de simples slogans et de promesses enrobés dans des chiffres et des statistiques à la portée de tout le monde. Nous nous démarquons de telles surenchères et nous voulons instaurer une rupture pour déboucher sur une nouvelle conception du programme électoral plus mature et basée sur des chances de concrétisation et des propositions tangibles tenant compte des aspirations des citoyens, des capacités du pays et de notre habilité à gérer ces programmes. En plus, nous voulons répondre aux directives royales insistant sur l’élaboration de programmes clairs, précis et loin des absurdes surenchères qui se jouent aussi bien des promesses données que des sentiments et de la confiance des citoyens. Nous sommes les adeptes du réalisme politique et nous soumettrons la somme de nos efforts, inspirés par le libéralisme, à l’appréciation de l’opinion publique qui est la seule à être habilitée à les juger et à les discuter.

Sinon, quelle évaluation faites-vous de plus de huit ans d’opposition ?
L’expérience de l’Union constitutionnelle dans l’opposition, depuis le début de l’Alternance, a été riche et utile pour nous comme pour le pays. Nous avons intégré le champ de l’opposition alors que ce dernier souffrait d’un vide en termes de fondements démocratiques et de méthodologie de gestion des divergences et de la culture de la différence. Il nous a fallu plusieurs années pour construire une nouvelle culture de l’opposition. Nous visions une opposition constructive qui rompt avec la tradition du refus systématique auquel on avait habitué les citoyens. C’était, il faut le rappeler, le fait de partis qui s’étaient emparés, pour de longues décennies, des sièges de l’opposition avec beaucoup de slogans inspirés par la culture de la démagogie, des manœuvres et des tensions inutiles. Ces partis ont réussi à faire ancrer dans l’esprit des citoyens que la force de l’opposition consistait en une protestation permanente, au refus absolu et au dénigrement de toutes les initiatives, de toutes les réalisations et de toutes les solutions auxquelles on avait face avec les cris et les chahuts. A chaque occasion, et contrairement à la réalité, cette opposition a tenu à donner une image sombre et erronée sur la situation du pays.

Quel est alors le plus que vous avez apporté dans ce sens ?
D’abord, nous avons visé à instaurer une opposition constructive pour rompre avec le passé et l’expérience qui voulait qu’on dise non à toute initiative ou proposition gouvernementales. Cette nouvelle vision s’est concrétisée par notre apport au travail législatif et notre contribution à tous les consensus visant l’intérêt général, la sécurité et la stabilité et la consécration de la culture du dialogue. Dès les premiers mois de l’Alternance, nous avons mis en place une méthodologie de travail qui consistait essentiellement à ne formuler de position à l’égard d’une initiative ou un projet qu’après mûrs réflexion et examen.
Nous nous sommes attelés parfois à proposer des alternatives. Et, dans tous les cas de figure, nous nous sommes éloignés de la mode des discours enflammés qui ne servaient ni le travail législatif et moins l’intérêt du pays. Ensuite, nous avons veillé à ce que notre opposition soit exercée dans le cadre institutionnel qui lui est réservé, c’est-à-dire le Parlement, ses deux Chambres et ses commissions. Je crois que notre parti, aux côtés d’autres formations politiques de l’opposition, a contribué à l’émergence d’une nouvelle culture de l’opposition qui s’éloigne de toute forme d’extrémisme en faveur de la solidité des arguments et de la force de proposition.

Que deviendra l’Entente nationale après la décision du Parti national démocrate de sceller une alliance avec le parti Al Ahd ?
L’Entente nationale qui nous unit avec nos partenaires du Mouvement populaire et du Parti national démocrate est une alliance stratégique qui a débouché sur un pôle politique face à un autre pôle. Je crois que les alliances bilatérales conclues en dehors de l’Entente nationale pour des fins électorales ne remettent nullement en cause cette dernière. La raison en est toute simple puisque les règlements de l’Entente nationale laissent à toutes ses composantes la liberté de prendre ses propres décisions en toute indépendance, y compris pour s’ouvrir d’autres forces politiques nationales.

Sinon, quelles sont vos autres éventuelles alliances après le scrutin du 7 septembre prochain ?
Nous sommes disposés à nous allier avec tout parti national qui croit en le projet démocratique et moderniste conduit par Sa Majesté le Roi Mohammed VI. Toutefois, nous donnons la priorité, dans nos alliances, aux partis qui nous sont proches par leur idéologie. Je fais référence aux partis de la droite libérale qui partagent notre vision politique.

Quelle lecture faites-vous du dernier discours royal au sujet de la nécessaire émergence de nouvelles élites politiques ? Est-ce que vous tenez compte d’une telle préoccupation à l’UC ?
Nous sommes engagés, depuis longtemps, dans les courageuses initiatives royales qui reflètent et répondent aux aspirations de la Nation. Nous souscrivons à la nécessaire réhabilitation de l’action politique noble et soucieuse des valeurs de la citoyenneté authentique. Nous sommes fiers que Sa Majesté le Roi ait fait face, de manière claire et éloquente, à toutes les tentatives de douter de la crédibilité et de l’utilité des partis nationaux. Pour ce qui est des nouvelles élites politiques, je rappelle que notre parti a été parmi les premiers à avoir doté le pays de cadres et d’élites qualifiés et formés pour gérer et administrer. Aujourd’hui, on retrouve ces cadres qui sont fortement impliqués dans la gestion de plusieurs administrations et départements publics. Notre dernier congrès national, faut-il le rappeler, a également débouché sur la composition d’un bureau politique formé dans la majorité de jeunes potentialités engagées pour relever les défis de la bonne gouvernance, mais aussi pour faire front face aux discours du désespoir et du nihilisme.

A l’Union constitutionnelle, comment évaluez-vous vos chances lors du prochain scrutin législatif ?
Nos chances lors des prochaines élections législatives répondront aux efforts que nous avons fournis et fournissons pour présenter un programme crédible et des candidats qualifiés, honnêtes et proches des citoyens de leurs circonscriptions. En plus, les engagements des candidats que nous présenterons sont définis par le programme du parti et sa ligne politique.

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