Entretien : Benzekri : «Pour le conseil des MRE, tout se fera dans la concertation»

Entretien : Benzekri : «Pour le conseil des MRE, tout se fera dans la concertation»

ALM : Suite à la tenue d’Al Monadara, il y a eu quelques remous dans une partie de la communauté marocaine à l’étranger. Est- ce que cela signifie que la consultation est mal partie ?
Driss Benzekri : Je me suis déjà expliqué sur ce point, lors de la tenue d’Al Monadara et à d’autres occasions. Néanmoins, Il n’est pas  inutile, quitte à me répéter, d’expliquer davantage les choses. Je vous remercie donc de me donner l’occasion d’apporter quelques éléments de clarification dans le but de lever toute équivoque. De toute évidence, il y a eu des coïncidences de calendrier qui ont contribué à renforcer la confusion entre la tenue d’Al Monadara et le discours royal du 6 novembre 2006. Ce discours en vertu duquel Sa Majesté le Roi a décidé de confier au CCDH (Conseil consultatif des droits de l’Homme) la mission de mener de larges consultations en vue de la création du Conseil supérieur de la communauté marocaine à l’étranger.
Je voudrais rappeler ici la chronologie des événements. L’idée d’Al Monadara remonte à décembre 2005. Elle est portée par un réseau d’acteurs et d’associations historiquement impliqués dans le tissu migratoire européen. Dans la foulée des recommandations de l’IER (Instance équité et Réconciliation) et du discours royal du 6 novembre 2005, nous avons été contactés, en avril 2006, par les animateurs de ce réseau. Ils nous ont sollicité pour les aider à organiser leur Monadara. Tout indiquait qu’ils voulaient, à leur manière, contribuer positivement à ces deux processus: la mise en œuvre des recommandations de l’IER et à l’ambition royale pour la communauté marocaine à l’étranger.  Leur démarche était, à mes yeux, empreinte de l’esprit des droits de l’Homme. C’est une raison largement suffisante pour susciter l’intérêt de notre institution.
Le réseau d’Al Monadara, en relation avec la société civile marocaine, a commencé par organiser, à Madrid du 15 au 17 juin 2006, une première réunion qui a rassemblé près de 200 personnes. Ils se sont de nouveau rencontrés, le 16 septembre 2006 à Amsterdam, où il a été question, en principe, d’organiser Al Monadara pour la fin du mois d’octobre 2006. Pour des raisons d’agenda, ils ont pris la décision, lors de cette réunion, de différer la tenue de leur rencontre pour le mois de décembre. Entre-temps, ils se sont réunis à Bruxelles le 28 octobre.
Je rappelle que la Haute décision royale de confier au CCDH la mission précitée date du 6 novembre 2006. Cette chronologie suffit en elle-même pour invalider le lien entre Al Monadara de Rabat et la décision royale. Continuer à établir le lien entre ces deux événements relève donc d’un problème de communication, d’une méconnaissance du dossier, mais il y a aussi parfois de la mauvaise foi.

Mais on parle aussi d’un groupe de quatorze experts qui s’est constitué à Marrakech à l’occasion du forum civil euro-méditerranéen.
Oui, je le confirme. En effet, ce groupe s’est constitué le 4 novembre 2006 et s’inscrit dans le travail que mène le CCDH dans le cadre du suivi des recommandations de l’IER, pour ce qui est des recommandations spécifiquement dédiées à l’émigration marocaine.
Ce groupe est composé d’un certain nombre de chercheurs et d’acteurs associatifs marocains qui vivent à l’intérieur et à l’extérieur du pays et qui ont pour centre d’intérêt les questions de migration. L’objectif assigné à ce groupe est d’être une valeur ajoutée d’expertise. Ses membres ont accepté, avec leurs compétences et leurs connaissances, d’aider le CCDH à mieux féconder sa réflexion. C’est là une démarche participative louable qu’il faut savoir saluer.

Donc les remous, c’est en somme le produit d’un malentendu ?
Exactement, je suis très surpris de voir que certains critiquent avec virulence une concertation qui n’a même pas encore démarré. J’ai réuni moi-même la commission « migration » du CCDH qui, je le rappelle, est constituée de 18 membres. Nous avons confié à un petit noyau la mission de nous proposer des scénarii, des méthodes et des démarches que nous aurons à valider, et sur lesquels nous serons, et c’est une exigence, très transparents. Je rappelle les caractéristiques par lesquelles Sa Majesté a qualifié le CCDH : institution nationale, plurielle et indépendante. On ne peut pas être plus clair. Lorsque les choses seront prêtes, nous utiliserons tous les moyens pour mener à bien ce travail. Ce que je peux affirmer aujourd’hui, c’est l’esprit qui animera notre démarche. Il se résume en un mot : concertation, concertation, concertation.

Quand commencera alors le vrai processus de consultation ?
Le travail a déjà démarré. Nous espérons être prêts pour début janvier avec pour objectif d’aboutir à des conclusions pour le mois de mai. Nous avons à relever le défi de la confiance et de l’honneur que Sa Majesté a exprimé à l’égard de notre institution. Et nous le relèverons.

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