Entretien : Jamaï : «Une entreprise citoyenne d’abord»

Entretien : Jamaï : «Une entreprise citoyenne d’abord»

ALM : Monsieur Jamaï, en cette période de gestation que connaît le secteur de l’immobilier, tout le monde s’intéresse à vous. Comment pouvez-vous définir le Groupe Jamaï ?
Ahmed Jamaï : Le Groupe Jamaï est un groupe qui est présent dans de larges secteurs de l’économie nationale. Il est  constitué par l’apport de cinq frères et de leurs cousins. Il est aussi fort de l’apport formidable en termes de créativité et d’engagement  de nos enfants.

C’est donc une affaire de famille ?
Au début, certainement. Mais cela ne suffit pas. Cela devient très vite une affaire de compétence, d’intelligence et de stratégie. Quand on est dans une logique collégiale dans le domaine de la prise de décision soyez sûrs que 12 cerveaux valent mieux qu’un. Cette pluralité apprend la modestie et l’humilité, enrichit les décisions, garantit la pérennité du Groupe. Mais elle n’exonère pas des responsabilités. Nous assumons toujours nos engagements et nous honorons notre parole. C’est cela notre signature.    

De quand datent vos premières réalisations dans l’immobilier ?
Nous avons commencé en 1968, ce qui ne nous rajeunit guère. Cette antériorité est à la fois un privilège et une responsabilité.
 Depuis cette date, grâce à Dieu, nous ne cessons de multiplier les succès dans le domaine de l’immobilier qui est, comme chacun sait, un secteur vital pour l’économie nationale.

Que pouvez-vous nous dire sur la stratégie de votre Groupe ?
Nous veillons tous les jours à ce que les sociétés du Groupe demeurent avant tout des entreprises citoyennes dans le plein sens du terme, qui créent de la valeur ajoutée, qui construisent plus de logements et créent le plus grand nombre possible d’emplois. C’est ce modèle économique que nous avons toujours défendu et qui a fait la pérennité de notre présence dans ce secteur.

Qu’entendez-vous par entreprise citoyenne ?
Une entreprise citoyenne est celle qui veille à ce que le projet immobilier soit intégré. Au-delà de l’habitat, il faut qu’il apporte des services de base. Il doit comprendre des institutions scolaires, du primaire au secondaire, des établissements sanitaires – dispensaires et hôpitaux – des mosquées ainsi que des terrains de sport. Cette capacité d’intégration des réalisations, vous pouvez la constater là où nous nous sommes engagés. À ce titre l’exemple d’Anassi est assez éloquent.  Par ailleurs, sur le plan écologique, l’entreprise citoyenne, de par ses investissements dans les espaces verts, contribue aussi à l’éducation du citoyen pour le respect de l’environnement. Le Groupe Jamaï a toujours intégré, dès le départ, ces paramètres éducatifs, sanitaires, sportifs et culturels dans tous ses projets. L’objectif étant de se mobiliser pour suivre la dynamique de  l’Initiative nationale pour le développement humain (INDH) lancée  par S.M. le Roi MohammedVI.

Le Groupe Jamaï  s’apprête-t-il à entrer en bourse ?
Non, ce n’est pas dans l’ordre de nos priorités pour le moment. Comme vous l’aurez constaté à travers notre récente campagne de communication institutionnelle, le Groupe Jamaï privilégie la formation de ses ressources humaines, l’organisation de ses structures techniques et financières pour aborder une nouvelle phase de son développement. Avec notre riche expérience et notre savoir-faire cumulé nous pouvons élargir la palette de nos interventions.

Avez-vous des projets d’extension à d’autres activités ?
Pour le moment, notre but est de garder l’avance que nous nous sommes assurée dans l’immobilier et la réalisation de logements pour les secteurs du social, du moyen et du haut standing. Mais, nous envisageons, dans le proche avenir, d’étendre nos activités au tourisme et au partenariat avec des groupes étrangers. C’est un domaine auquel SM le Roi accorde, également, une priorité et nous devons accompagner notre pays à atteindre ses ambitions objectifs dans ce domaine. Il est de la responsabilité de notre groupe d’être présent là où le pays doit relever un défi pour sa croissance et son développement.  

À la lumière de votre expérience, quels conseils donneriez-vous aux investisseurs et aux entreprises marocaines de l’immobilier ?
 Je me bornerai à suggérer aux professionnels du secteur de l’immobilier et de la construction d’opter pour des partenariats et des fusions afin de constituer de grands ensembles à même de rivaliser avec les grands groupes étrangers qui commencent à devenir présents dans notre pays. Fédérer les énergies, mettre en place des synergies et atteindre de tailles pouvant induire une forte croissance. C’est cela l’enjeu. Des entreprises nationales de grande envergure seront à même de créer de l’emploi, d’entreprendre de grands chantiers qui contribuent de façon significative, et décisive,  à l’économie du pays. Il nous faut suivre l’élan économique impulsé par le Souverain et consolider les acquis de l’Initiative nationale pour le développement humain mise en œuvre par SM. le Roi Mohammed VI pour l’essor socio-économique et la prospérité du Royaume. C’est là, encore une fois, la mission exaltante et le défi que nous devons relever pour être au diapason avec la politique bénéfique du Souverain.


 Qui fait quoi au Groupe Jamaï ?


• Ahmed Jamaï est le président du groupe. Il est assisté par une équipe de décideurs techniques chargés des études préliminaires pour l’investissement et la rentabilité. Cette équipe est formée par:
Rachid Jamaï, ingénieur chargé des études de marchés et des relations extérieures, Issa Mahdar ingénieur, My Ali Ghomri ingénieur, Sofia Jamaï, et Youssef Jamaï, architectes. Dr. Hassan Jamaï assume le rôle de conseiller de cette équipe.
• Le volet "mise en chantiers" est, quant à lui, géré par une autre équipe. Elle est formée par Haj Thami Jamaï, qui est chargé des réalisations ; Mohamed Jamaï, chargé du suivi du financement ; Anas Jamaï, chargé de mission ; Salahedine Jamaï, chargé de mission, attaché commercial ; Hicham Jamaï, chargé de mission, attaché commercial.
• Pour ce qui est des missions de la gestion et de la commercialisation, elles sont assurées par une équipe de 45 cadres de haut niveau.


Les projets du groupe Jamaï

Depuis le mois de mai 2006, le Groupe Jamaï a décidé de quitter Casablanca pour aller à Tamesna à Rabat, à Tamansourt à Marrakech et à Tanger où il construit un complexe résidentiel et touristique. D’une capacité globale de 13.000 logements, le projet Jamaï dans la nouvelle ville ocre entre dans le cadre des conventions de partenariat signées c entre le promoteur et le gouvernement marocain. En plus donc de ces logements prévus à Tamansourt, le groupe a signé au cours cette année une autre convention pour la construction de 14.000 logements à Tamesna, la nouvelle ville dans la banlieue de la capitale. Pour rappel, les conventions de partenariat public-privé ont été signées en octobre 2005 avec le ministère chargé de l’Habitat et de l’Urbanisme. Le groupe a également étendu son activité vers la ville de Tanger. Dans la capitale du détroit, il se penche sur la création d’un complexe résidentiel de luxe, composé de quelque 1000 villas dans la région de Malabata. Sur le front de mer, ce projet s’étendra sur une superficie globale de 32 ha. Ce groupe, qui intervient dans le logement social, l’économique, le résidentiel et le touristique, travaille également sur l’implantation de sites de production de matériaux de construction. Dans ce sens, à Marrakech, un terrain a été acquis pour monter une carrière.

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