Escroquerie au mariage

Hamid est debout au box des accusés de la chambre correctionnelle près le tribunal de 1ère instance de Casablanca-Anfa. Il se croyait malin au point d’arnaquer tout le monde. « Je m’appelle Hamid, né en 1964 à Casablanca, célibataire, journalier, adresse (… ) », a-t-il répondu en déclinant son identité au président du tribunal qui le lui demandait. Il quitte l’école après avoir échoué à la 9ème année de l’enseignement fondamental. Il chôme durant une année et demie avant qu’il ne trouve un travail dans une société de confection à Aïn Sebaâ. Licencié au bout de quatre ans, il réussit à trouver un autre job dans une société de conserve. Il n’y reste que quelques semaines pour se retrouver encore au chômage. Depuis, il n’a plus voulu travailler. Il va chômer jusqu’en 1990.À cette date, il se rend au Souk D’Jayjia, en ancienne médina, pour vendre des objets et des vêtements d’occasion. Certes, il ne s’agit pas d’un commerce qui rapporte gros, mais il lui permettait toujours de survivre en attendant des jours meilleurs. Se tenant droit devant le président du tribunal., il s’entendait dire : « Tu es poursuivi, en vertu des dispositions de l’article 540 du code pénal, pour escroquerie. Que dis-tu ?», lui demande-t-il. Cet article stipule dans son 1er alinéa que «quiconque, en vue de se procurer ou de procurer à un tiers un profit pécuniaire illégitime, induit astucieusement en erreur une personne par des affirmations fallacieuses, ou par la dissimulation de faits vrais, ou exploite astucieusement l’erreur où se trouvait une personne et la détermine ainsi à des actes préjudiciables à ses intérêts pécuniaires ou ceux d’un tiers, est coupable d’escroquerie et puni de l’emprisonnement d’un à cinq ans et d’une amende de 500 à 5.000 dirhams ». Hamid tente de nier et rejette ses aveux consignés dans le procès-verbal. Seulement, le témoignage de Rachida lui sera fatal. C’est une jeune fille de trente-deux ans, employée dans une entreprise de la place. Croisée, il y a plus d’un an, au boulevard Mohammed V, par Hamid qu’il l’a invitée à un café du centre-ville. Se faisant passer pour un fonctionnaire à Rabat, sans lui préciser sa fonction, il lui promet le mariage. Au fil des jours, il commence à lui demander des sommes d’argent, prétextant n’importe quoi pour la convaincre. Il arrive à extorquer 20 mille dirhams avant de disparaître et de ne plus donner signe de vie. Ce qui importait pour elle était qu’il soit châtié par la justice pour qu’il ne fasse plus de victimes. Surtout qu’il avait déjà arnaqué au moins quatre autres fille, en se présentant toujours comme un « fonctionnaire de Rabat » et en leur promettant le mariage pour les délester des sommes d’argent avant de disparaître. Les quatre autres victimes ont été convoquées par la police et par le tribunal pour témoigner. Elles ont toutes confirmé être ses victimes. En conséquent, le tribunal l’a jugé coupable d’escroquerie et l’a condamné à deux ans de prison ferme assortie d’une amende de 5.000 dirhams et au remboursement des sommes soutirées aux cinq victimes.

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