Escroquerie et chéques en bois

B.A. se tenait derrière la caisse de son supermarché situé au quartier Ziraoui, à Casablanca. Un client bien habillé, l’air sérieux d’un homme aisé, se présente devant lui et lui remet un chèque. Il a acheté quelques effets vestimentaires pour hommes et femmes, des chaussures de sport et d’autres marchandises d’une valeur globale de plus de 5.000 dirhams.
Le commerçant a appelé aussitôt son employeur et lui a demandé de lui emballer la marchandise. Dès que ce dernier est allé pour accomplir la tâche, le commerçant l’a suivi pour lui chuchoter quelques mots à l’oreille sans qu’il soit remarqué par le client qui se tenait encore devant la caisse. Il lui a demandé d’appeler la police et de retarder l’emballage de la marchandise. Pourquoi ? Ce client était déjà venu chez lui quelques jours auparavant. Le commerçant s’est bien souvenu de lui. Il a acheté chez lui des vêtements sportifs et des espadrilles d’une valeur de 3.500 dirhams.
Le client n’avait pas sur lui d’argent en espèces et a préféré payer en chèque. Le commerçant a reçu le chèque et l’a gardé après s’être assuré de l’identité du client qui lui avait présenté sa carte d’identité nationale. Toutefois, lorsqu’il est allé à la banque, il a été surpris d’apprendre que le chèque faisait l’objet d’une enquête policière. Pourquoi ? s’est interrogé le commerçant.
L’employé de la banque lui a affirmé qu’il appartient à un client de la banque qui l’avait perdu avec d’autres chèques dans un autobus de la ligne n°63. Alertés, les éléments de la police ont recueilli les déclarations du commerçant. Ce dernier leur a dévoilé l’identité du client qui lui a remis le chèque. Menant des investigations sur la personne dont le commerçant leur a donné l’identité, ils ont découvert qu’elle n’avait aucun lien avec l’affaire des chèques. Et ils ont poursuivi leurs investigations jusqu’au jour où l’employé du commerçant leur a téléphoné.
En cette journée du mois de juin, les éléments de la 4ème section judiciaire de la police judiciaire de Casablanca-Anfa se sont dépêchés sur les lieux. Ils ont laissé leur véhicule un peu plus loin et se sont rendus à pied jusqu’au supermarché en question et ce pour ne pas attirer l’attention du client.
Ce dernier attendait encore que sa marchandise soit emballée. Sans s’en rendre compte, il s’est retrouvé entouré par les policiers qui l’ont conduit à la fourgonnette, puis au commissariat. Âgé de 44 ans, R.R, a affirmé aux policiers avoir rencontré depuis pas mal de temps un certain K.R et un certain A. N. Ces derniers sont des pickpockets notoires, opérant dans les bus et les lieux publics de la ville. Le duo partageait l’argent, revendait les bijoux, les casquettes, les montres, les lunettes et les téléphones portables qu’il volait aux gens. Les carnets de chèques et les cartes d’identité nationale étaient revendues à des malfrats. Avec la complicité d’un certain K.S, il s’approvisionnait chez eux en carnets de chèques et en cartes d’identité falsifiées pour la somme de 500 dirhams.
Toujours avec son complice, il se rendait dans les boutiques, les supermarchés et les bijouteries pour acheter des articles précieux et les revendre avant de partager le butin. Son complice a été épinglé chez lui au quartier Jamila 7. Le duo, qui a été traduit devant la chambre correctionnelle près le tribunal de première instance de Casablanca-Anfa poursuivis pour escroquerie, faux et usage de faux, a dévoilé l’identité des trois malfrats qui leur revendaient les carnets de chèques.

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