Espaces verts : Talon d’Achille de Tanger

Assurément, les espaces publics et les espaces verts, qui vont en s’amenuisant, sont le talon d’Achille des plans d’aménagement de Tanger et le point noir qui risque de grever la qualification de la ville et son aptitude à accompagner les mutations en cours dans le Tangérois.
Un rapport de l’agence urbaine de Tanger (AUT) attribue l’amenuisement de ce patrimoine, entre autres, à l’absence d’une vision rationnelle et prospective et à l’exploitation effrénée du territoire au mépris des normes élémentaires d’une planification urbaine tenant compte des équilibres vitaux dans le cadre bâti de la ville. Cet amenuisement est aussi imputable à l’expiration imminente de certains plans sectoriels d’aménagement et leur inadéquation avec l’évolution de la ville durant les cinq dernières années, explique le rapport. Le fait que les administrations et les collectivités concernées n’aient pas acquis, à temps, les espaces qui leur avaient été réservés dans les plans urbanistiques a, en définitive, hypothéqué l’accès à bien des terrains qui auraient enrichi l’assiette foncière de la ville, ajoute le rapport. Force est de signaler que la réglementation en vigueur donne le droit aux propriétaires des terrains de récupérer leur foncier, après l’expiration des documents d’urbanisme, si ces terrains ne sont pas acquis et exploités à des fins d’intérêt général.
A ce propos, l’AUT recommande aux conseils communaux et aux services publics, qui n’ont pu réaliser les équipements programmés dans le cadre des plans d’aménagement, de procéder à l’acquisition des assiettes foncières prévues à cet effet avant qu’elles ne soient récupérées par leurs propriétaires. Sur les 501 projets d’équipement que comportent les plans sectoriels d’aménagement dans les communes urbaines de Tanger, de Chorf et de Béni Makada, 46 projets seulement ont été réalisés, indiquent des statistiques de l’AUT, rendues publiques fin 2001.
La même source précise que sur les 94 parkings initialement prévus, seuls 6 ont vu le jour, contre 14 espaces verts sur les 214 prévus et 11 services publics sur 79, alors que sur les 37 places publiques prévues, aucune n’a vu le jour. De ces données, il apparaît que les services concernés par l’élaboration de ces projets sont appelés à mettre en place une stratégie orientée vers le renforcement du patrimoine foncier et à réunir les moyens matériels et les outils juridiques devant, à la fois, améliorer le cadre de vie des citoyens et rendre à la ville une splendeur dont elle a grandement besoin. En matière d’espaces verts, un rapport communal relève que la part de chaque citoyen dans les communes urbaines de Tanger médina, Chorf et Béni Makada ne dépasse pas, respectivement, 0,68 mètre carré, 0,36 mètre carré et 0,13 mètre carré.
Cette superficie verte pour chaque citoyen risque de s’amoindrir davantage à moins de 0,11 mètre carré, au cas où les collectivités locales seraient dans l’incapacité d’acquérir les espaces verts prévus initialement dans les plans d’aménagement.

• Abdelaziz Hayoun (MAP)

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