Essais nucléaires effectués par la France en Algérie : la loi sur l’indemnisation est jugée insuffisante

Essais nucléaires effectués par la France en Algérie : la loi sur l’indemnisation est jugée insuffisante

L’adoption par le Parlement français d’une loi sur l’indemnisation des victimes des essais nucléaires effectués par la France de 1960 à 1996, notamment au Sahara algérien, est symbolique, mais insuffisante, ont estimé, jeudi, des analystes en Algérie. «Reconnaissance symbolique et indemnisation limitée de la France: une loi à minima pour les irradiés d’Algérie», selon le Quotidien d’Oran. «La démarche française ne prend pas en compte les effets durables et transmissibles des tests nucléaires à ciel ouvert. La contamination des sols peut durer pendant de très longues périodes», a noté ce journal. Il a rappelé la demande officielle de l’Algérie à la France qu’elle prenne en charge la dépollution des espaces concernés par les essais. Pour le quotidien La Tribune, le texte est «une petite victoire» pour les personnes contaminées, mais l’absence d’un fonds d’indemnisation est «une anomalie». Ce journal pose également la question de la dépollution des terrains où s’étaient produits les essais nucléaires et l’indemnisation des ayants droit.
«Des radiations ont porté un coup dur à l’environnement, brûlant pratiquement toutes les espèces animales et végétales», a ajouté La Tribune. Le quotidien Liberté a qualifié de «petit geste» la décision du Parlement français. Pour Ahmed Benmalek également maire de Tamanrasset qui a piloté une opération de recensement des victimes des essais nucléaires à Ain Mguel, l’indemnisation «n’est pas suffisante». «La France doit indemniser les victimes et leurs familles, dépolluer les terres où s’étaient produits les essais dont les effets néfastes sur la santé, l’agriculture et l’environnement n’ont pas disparus», a-t-il déclaré à l’AFP. Pour l’avocate Fatima Benbraham, le texte adopté par le Parlement français a un aspect juridique important qui nous permet de poursuivre la France pour des crimes contre l’humanité. «La France reconnaît 210 essais nucléaires effectués dans le Sahara algérien et en Polynésie de 1960 à 1996 à l’insu des populations locales, qui peuvent également prétendre à indemnisation», a-t-elle affirmé à l’AFP. Pour cette avocate et présidente d’une instance algérienne de lutte contre la pensée coloniale, l’indemnisation des victimes n’est pas suffisante.
«Qui doit décontaminer les terres et l’environnement affectés par les radiations nucléaires. Dans les régions où ont été effectués les essais, le nombre de cancers du sein est sept fois plus important que dans les autres régions du pays», a ajouté Maître Benbraham. L’adoption de la loi n’a pas suscité de réactions officielles en Algérie. Quelque 150.000 civils et militaires, selon le ministère français de la Défense, ont participé aux 210 essais nucléaires. L’indemnisation concernera les personnels militaires et civils et les populations qui, irradiés, ont développé un cancer. Une liste de 18 maladies, conforme à celle établie par une agence spécialisée de l’ONU, a été retenue.

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