Événement : La dimension humaine dans la réforme pénitentiaire

Profondément touché par les événements douloureux intervenus dernièrement dans certaines prisons, S.M. le Roi Mohamed VI a tenu à prendre en considération la dimension humaine dans le vaste programme de réforme de la Justice que le Souverain a lancé hier.
«La sollicitude particulière que Nous réservons à la dimension sociale, dans le domaine de la justice, ne serait pas complète, sans que nous assurions aux citoyens incarcérés leur dignité humaine, qui, du reste, ne leur est pas déniée du fait d’une décision de justice privative de liberté», a notamment déclaré S.M. le Roi. Ayant cerné les problèmes dont souffrent les centres de détention, notamment leur insuffisance numérique, des instructions royales ont été données «pour faire construire rapidement des complexes pénitentiaires modernes, civils et agricoles, et pour veiller à l’amélioration des conditions matérielles et morales des prisonniers».
Parallèlement, la législation pénitentiaire se mettra au diapason. Par la réforme et l’introduction d’un «programme d’actions ambitieux», supervisé personnellement par le Souverain, par le biais de la Fondation Mohammed VI pour la réinsertion des pensionnaires des établissements pénitentiaires. Aussi, pour alléger « les souffrances de certaines catégories de prisonniers», le ministre de la Justice est appelé à présenter au Souverain des propositions «visant à faire bénéficier de la Grâce Royale, une catégorie de prisonniers atteints de maladies incurables, des prisonniers invalides ou handicapés, ou des prisonnières enceintes ou allaitantes, ou des enfants dotés d’aptitudes éducatives ou artistiques particulières». Et d’une pierre, deux coups.
La démarche a un double objectif. D’une part, délivrer les personnes malades ou souffrantes des affres de la détention et de la privation de liberté, loin des leurs, et, d’autre part, libérer l’espace de détention pour de meilleures conditions pour les prisonniers qui n’auront pas bénéficié de la Grâce royale. Les bénéficiaires de la grâce ont été clairement identifiés et les « listes nominatives » devront être « précises » et établies « selon des critères rigoureux ». C’est dire que les criminels non-repentis et les récidivistes n’auront pas droit de cité dans ces listes.
Le rôle des juges d’exécution des peines dans le suivi de la conduite des prisonniers a été également mis en relief par le Souverain. L’objectif est de d’élargir la sphère des détenus repentis de sorte qu’ils puissent «contribuer à accroître les opportunités de mise en liberté». Le gouvernement est appelé «à mettre à profit les délais impartis pour l’entrée en vigueur du nouveau code de procédure pénale, pour assurer la formation et la qualification des juges d’exécution des peines».

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