Événement : Le coût des semences

Le taux de pénétration des semences sélectionnées reste très bas au Maroc. Entre 11 et 12 %. Sur les 5 ou 6 millions d’hectares emblavés et réservés à céréaliculture, la Société nationale de commercialisation des semences (Sonacos) ne commercialise qu’entre 600 et 800 mille quintaux par an. En fonction des années. Or, si l’on prend comme moyenne 1,5 quintal par hectare, les besoins en semences se situeraient autour de 8 millions de quintaux. Tout le reste provient des marchés de céréales et des réserves personnelles. C’est dire le fructueux créneau qui reste ouvert aux professionnels et au secteur public. Pourtant, les semences sélectionnées ont fait leur preuve de grande rentabilité.
Au moins 40 quintaux à l’hectare et le chiffre peut se situer entre 50 et 60, si l’année agricole est bonne. Un rendement qui va du double au triple par rapport à la moyenne nationale enregistrée au fil des ans.
C’est d’abord le prix des semences sélectionnées qui représente la cause principale de la réticence des agriculteurs. Même avec les trois formes de subventions de l’Etat (de transport, de production et de consommation), il reste cher par rapport à l’offre sur le marché céréalier privé. Il varie, selon les espèces et les variantes. Le premier choix, pour le blé tendre, est vendu par la Sonacos à 405 DH le quintal, le second choix est commercialisé à 390 DH, tandis que le standard est à 350 DH. Le transport étant à la charge de l’Etat, les deux autres subventions se situeraient entre 30 et 40 DH par quintal.
Une grande différence avec le prix des semences sur le marché privé où les prix se situent autour de 250 DH le quintal. Mais la différence est de taille au niveau qualitatif et productif. Les agriculteurs ne semblent pas conscients de l’apport bénéfique de l’introduction des semences sélectionnées dans leurs cultures. C’est le coût qui semble déterminant pour eux. Mais le problème de vulgarisation reste posé.
Cela dit, les pouvoirs publics doivent revoir à la baisse les prix pratiqués. Cela passe par un financement substantiel de la recherche agricole. Certes, les coûts de la recherche sont immenses mais un bon montage financier, qui investit à perte pendant 2 ou 3 années, peut aboutir à des prix à la portée du fellah. Les bénéfices qui pourront être tirés ultérieurement sont immenses.

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