Événement : Le cri de coeur d’une Princesse

C’est un véritable plaidoyer en faveur de la promotion de la condition de la femme auquel s’est livrée Sar la Princesse Lalla Meryem au Parlement européen à Bruxelles. Cette prestigieuse enceinte a abrité la conférence internationale dur le renforcement du rôle de la femme dans les civilisations musulmane et européenne. La présence, en elle même de SAR la princesse est un signe révélateur sur l’importance que donne l’Etat marocain au rôle de la femme dans notre société. Ce qui n’est pas étonnant pour une femme de coeur à la sensibilité d’une mère qui a milité depuis son enfance pour les droits des enfants et des femmes.
Le contenu de son discours devant un parterre de personnalités au Parlement européen a dénoté la sincérité de la cause qu’elle défend mais a séduit aussi en collant à une conjoncture mondiale morose et guerrière. Son Altesse a d’ailleurs planté d’emblée le décor d’une situation internationale on ne peut plus tendue : « Je voudrais, si vous le permettez, commencer par évoquer notre responsabilité de femme et notre sensibilité de mère, dans le climat de désarroi, d’incertitude et de profonde inquiétude qui, chaque jour un peu plus, domine et détermine notre quotidien à toutes et à tous.» Les femmes, tout comme les hommes, ont démontré depuis des semaines à travers le monde entier qu’ils récusent la logique de la guerre qui plonge l’humanité dans une incertitude totale. Or, il est de notoriété publique que pendant la guerre, ce sont surtout les femmes et les enfants qui subissent les affres de la violence et la cruauté des hommes en armes. Autant dire que l’on peut parler de la promotion de la condition de la femme que si la paix est le maître mot. Normal donc que les femmes du monde s’élèvent contre le spectre d’une guerre dont personne ne peut les conséquences désastreuses. Il fallait réagir et la Princesse, en tant que femme, a exprimé clairement son refus de l’option de la loi de la force même si elle reconnaît que les raisons de la politique déshumanisent leurs auteurs : «…responsabilité de femme d’abord, je suis comme vous toute lucide et réaliste sur les limites de notre capacité à changer le cours des évènements. Mais, il ne faut pas pour autant taire notre refus de céder à la fatalité de la confrontation et notre détermination à privilégier le dialogue et la recherche d’une sortie pacifique et humaniste aux drames qui nous guettent ? » C’est le cri du coeur d’une femme, Princesse de surcroît et surtout mère qui dit avec le langage de la vérité toutes ses inquiétudes face aux incertitudes d’une guerre programmée.
La Princesse ne fait pas de la politique en exprimant son intuition et ses convictions pacifistes. Mais il est certain que la majorité de son auditoire a apprécié ce propos spontané et direct qui va droit au coeur sans qu’il soit détourné par la démagogie politique. La Princesse défend le droit à la vie que la femme donne pour que l’enfant grandisse dans la paix, la liberté et la dignité. Mais pour ce faire, il faut que les droits de la femme soient reconnus en tant qu’égale de l’homme et jouant un rôle prédominant dans la société. SAR la Princesse Lalla Meryeme étaye cette vérité en la conjuguant avec l’évolution de la démocratie : « Il ne peut y avoir de progrès et de démocratie sans la reconnaissance du droit des femmes à l’égalité et à leur participation, à part entière, aux processus qui conduisent à la prise de décision »
Les femmes marocaines devraient être fières de cette déclaration d’une Princesse généreuse car elle est leur meilleure porteparole dans le monde mais aussi au Maroc. Mais la promotion de la condition de la femme ne peut se réaliser, comme l’a souligné Son Altesse que si on lui reconnaît son droit à l’enseignement et à une participation active dans la gestion de la chose publique. La culture de l’égalité a expliqué SAR lalla Meryeme est basée certes sur les valeurs des droits de l’homme, mais l’Islam a toujours donné à la femme un rôle prépondérant dans la société : «…l’Islam a honoré la femme et reconnu son droit à l’équité, à la justice et à la dignité … . S.M. le Roi Mohammed VI, que Dieu l’assiste, a placé la promotion des droits de la femme au coeur de son projet démocratique, moderniste… » La preuve, a ajouté son altesse, la représentation féminine dans la chambre des représentants a dépassé le seuil de 10 %.
Certes, il reste encore beaucoup à faire dans l’alphabétisation des filles du monde rural et la reforme du statut de la famille. Mais, il est clair que le processus de la révision de la Moudawana est irréversible et que la femme gagnera davantage dans son combat pour l’égalité.

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