Événement : Une histoire de contrôle

En 1997, au conseil d’administration du CIH, les auditeurs avaient déjà souligné l’important déficit en matière de provisions, qui s’élevait à près de 278,2 millions de DH. Mais les membres du conseil d’administration n’y voyaient pas une raison suffisante pour ne pas distribuer de dividendes. Aussi, ils auraient-ils distribué 141,917 millions de DH de bénéfices fictifs. Encore plus, le rapport de la commission d’enquête parlementaire a souligné en des termes peu élogieux le comportement des « têtes » de l’institution financière, quant à leur intéressement aux différents rapports.
Le document des parlementaires traduit la situation par les termes « d’insouciance », et ajoute que « la direction n’a pas cherché à renforcer le contrôle interne ou à moderniser sa gestion ». Le représentant du ministère des Finances au conseil d’administration est également mis sur la sellette. Le rapport de la commission lui reproche essentiellement de ne pas avoir été « l’animateur des opérations de contrôle ».
Dans son rapport, la brigade nationale de la police judiciaire souligne, à son tour, le manque d’efficacité du contrôle. Elle a ainsi mis une grande part de responsabilité sur le dos des instances de contrôle étatiques, notamment Bank Al Maghrib, sans oublier les représentants des ministères de tutelle, les auditeurs ainsi que les délégués du gouvernement auprès du CIH. «Ces services auront à assumer leurs responsabilités dans la mesure où ils n’ont pas mené à bien leur travail de contrôle tel que stipulé dans les textes législatifs ».
Concernant la Banque centrale, le rapport de la commission d’enquête précise qu’aucune inspection n’a été effectuée par cette institution pendant les dix dernières années au sein de CIH. Chiffres à l’appui. Le rapport souligne que malgré l’état des provisions durant 1991-1996, le wali de Bank Al Maghreb a « cautionné la distribution de bénéfices qui se sont avérés fictifs par la suite ». concrètement, les chiffres erronés ou falsifiés ont entraîné la non-constitution de provisions. Et de la sorte, l’ensemble des créances en souffrance n’ont pu être couvertes.

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