Exécution du «sniper de Washington»

John Allen Muhammad, le «sniper de Washington» qui a terrorisé la capitale américaine en tuant au hasard dix personnes en trois semaines à l’automne 2002, a été exécuté mardi 10 novembre par injection mortelle en Virginie. Un an après les attentats du 11-Septembre, en pleine psychose liée aux lettres contenant du bacille de charbon adressées aux hommes politiques et aux médias, il avait terrorisé la population de la capitale. Sa mort a été constatée à 21 h 11, cinq minutes après que lui eut été administré un mélange mortel de drogues, devant les membres des familles de victimes, à la prison de Greensville. La Cour suprême avait rejeté, lundi, le dernier recours de cet homme de couleur, de 48 ans, tireur d’élite dans l’armée américaine, condamné à mort en 2004 en Virginie pour une série de meurtres commis entre le 2 et le 22 octobre 2002 dans la région de Washington. Le gouverneur de Virginie, Timothy Kaine, a également refusé, mardi, de lui accorder la grâce. Le condamné, averti lundi au téléphone par son avocat Jonathan Sheldon de l’imminence de son exécution, n’a pas réagi. Cela «ne lui a fait ni chaud ni froid, il ne m’a même pas répondu», a expliqué le juriste. «Il est gravement malade mentalement, il ne fera pas un dernier discours stupéfiant et n’exprimera pas de remords, a prévenu M. Sheldon, ce sera le même homme délirant et paranoïaque». Hommes, femmes, enfants, Blancs, Noirs : personne ne semblait pouvoir échapper au tireur. Muhammad se dissimulait dans le coffre de sa voiture pour abattre, au hasard, ses victimes d’une seule balle à l’extérieur de centres commerciaux, d’écoles ou de stations-service. Une personne avait été abattue à Washington, six dans l’état voisin du Maryland et trois en Virginie. Trois personnes avaient été blessées. La justice n’a en fait jamais réussi à établir précisément le nombre de victimes de Muhammad et de son complice, Lee Boyd Malvo, âgé de 17 ans à l’époque, qui purge aujourd’hui une peine de prison à vie. L’exécution de John Allen Muhammad intervient sept ans après les faits, une date inhabituellement précoce puisqu’un condamné à la peine capitale patiente en moyenne douze ans, aux états-Unis, dans le couloir de la mort. Ses avocats ont regretté, mardi, de ne pas avoir eu le temps d’épuiser tous les recours.

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