Expulsion du domicile conjugal

En cas de divorce, la question du logement pour la femme pose un sérieux problème. Après des années de vie ensemble, de stabilité, la femme pourrait se trouver dans la rue, ou condamnée à retourner pour vivre avec ses parents.
En droit marocain, l’habitation du couple revient dans ce cas à l’époux qui doit assurer le logement à sa famille. Mais, lorsque la femme a la garde des enfants, cette question n’est, toutefois, pas clairement tranchée. Certains juges reconnaissent à la femme le droit d’occuper le domicile conjugal en tant que gardienne des enfants dont le père est appelé à assurer le logement. Pour d’autres, la pension alimentaire versée par l’époux après la séparation intègre également les frais du loyer pour la femme et les enfants.
La question se complique davantage lorsqu’il n’y a pas de divorce et que l’épouse est expulsée de la demeure conjugale. Dans certains cas, elle est mise à la porte en exerçant des pressions sur elle, généralement par la famille de l’époux.
L’histoire de A.L, jeune institutrice de 28 ans, mariée depuis deux ans à M.K, 31 ans, également instituteur, constitue un exemple de la violence perpétrée contre la femme. Selon l’association « le Printemps de l’Egalité », après deux ans de vie, l’époux, M.K, demande à sa femme, A.L, de contracter un crédit de 20.000,00 dirhams pour financer ensemble un logement.
L’épouse accepte et demande qu’elle soit copropriétaire du logement en question au même titre que son mari. Ce dernier refuse. Et le logement sera en copropriété mais avec ses parents qui habitent déjà avec le couple ! La femme qui supporte les charges du ménage n’a droit à rien. Les souffrances de la jeune épouse ne se limitent pas à ce stade. La belle mère la traite comme une bonne et non pas comme femme du foyer. Elle exerce de fortes pressions sur elle et sur le mari. Le comble est lorsqu’un jour, de retour de son travail, elle n’arrive pas à accéder à la maison. Les serrures ont été changées. La seule solution est d’aller habiter avec ses parents.
Convaincue que ce sont ses beaux-parents qui sont à l’origine du problème, elle tente une réconciliation en proposant à son mari de trouver une habitation pour le couple loin des problèmes posés par la belle mère. La réponse du mari est négative. Pis encore, il dépose une plainte et lui demande réintégrer le domicile conjugal. Maintenant, précise l’association, c’est le beau-père qui se pose comme unique interlocuteur. Ces cas de violences, dans notre société, sont devenus monnaie courante. Si la femme fonctionnaire se trouve sous des pressions à verser son salaire et ne plus intervenir, alors que dire de la femme analphabète dans le monde rural.

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