Fabriquons une erreur judiciaire

L’erreur judiciaire est plus qu’un incident de parcours, elle est le résultat de tous les dysfonctionnement d’un système police-justice de moins en moins adapté, écrit le Nouvel Observateur dans son édition du 24 juillet 1997. L’erreur judiciaire, c’est comme un vers dans un fruit. La justice peut broyer des vies en toute bonne foi, persuadée d’être dans le vrai.  » Erreur judiciaire  » ? Il faudrait, pour parler de ces existences brisées, trouver d’autres mots : drames, catastrophe, horreur judiciaire. Mais on dit  » erreur  » et l’euphémisme est révélateur.
Elle ne remet pas en cause l’ensemble de la mécanique. Elle est plus qu’un incident de parcours de l’institution judiciaire, elle est consubstantielle de tous ses dysfonctionnements, selon toujours le même numéro de «nouvel observateur».
Ainsi, pour obtenir une erreur judiciaire, il suffit d’additionner les archaïsmes et les perversions de notre procédure pénale. Liste non exhaustive, toujours selon NouvelObs :tout homme est présumé coupable, le doute dans l’entonnoir (la procédure judiciaire, quand elle se laisse aller sur la pente la plus dangereuse de la facilité peut effectivement ressembler à un entonnoir.), la religion de l’aveu (la longueur des gardes à vue et les interminables interrogatoires parfois violents peuvent aboutir au vertige mental dont procède l’aveu, les ratés de l’enquête (Quand la justice est persuadée de détenir son coupable, elle néglige l’enquête.
Toutes les erreurs ou tous les mystères judiciaires procèdent d’incroyables bévues policières ou gendarmes, les bourdes des experts (eux aussi ne sont pas à l’abri de l’erreur), la fragilité des témoignages, la voix du peuple et l’intransigeance de l’opinion publique, le corporatisme judiciaire (La justice n’aime pas reconnaître ses erreurs. C’est vrai à tous les échelons de l’institution.); la loterie des Assises (tous les habitués de la justice le savent, il y a les  » bons  » et les  » mauvais  » présidents. Ces derniers, s’ils ne sont pas à l’origine de l’erreur judiciaire, y contribuent souvent.Des condamnations sans appel (il a fallu attendre la fin de ce siècle pour qu’on envisage enfin en France l’instauration d’un double degré de juridiction en matière criminelle.

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