Farida El Khamlichi : «La création de la commission du droit humanitaire répond aux engagements internationaux du Maroc»

ALM : Le Premier ministre Abbas El Fassi vient de vous désigner à la tête de la Commission nationale du droit international humanitaire. Quelles seront vos priorités ?
Farida El Khamlichi : Cet organe consultatif auprès du Premier ministre est chargé d’assister, de ses avis et études, les pouvoirs publics sur toutes les questions qui concernent le droit international humanitaire. Cette commission devra jouer un rôle important dans la promotion et la consolidation de la mise en œuvre des règles du droit international humanitaire. Elle va élaborer un plan d’action qui fixe les priorités du Maroc en matière du droit international humanitaire. La commission a pour mission de présenter pour adoption les conventions et traités internationaux relatifs au droit international humanitaire. Il lui est également confié la proposition des mesures nécessaires à l’adaptation du droit national aux règles du droit international humanitaire, la vulgarisation des principes de ce droit, ainsi que la promotion de la coopération et l’échange d’expertise avec les organisations régionales et internationales.

Pourquoi le Maroc crée-t-il cette commission aujourd’hui ?
La création de la commission répond aux engagements internationaux et régionaux du Maroc en matière des règles du droit international humanitaire. Le Maroc a été parmi les premiers pays à adopter le principe de création de Commissions nationales du droit international humanitaire, en application de la Déclaration du Caire de 1999 à l’occasion du 50ème anniversaire de l’adoption des quatre conventions de Genève. Et depuis 2003, la Commission ministérielle chargée des libertés publiques et des droits de l’Homme a été investie de la mission de promotion du droit international humanitaire en perspective de la création d’un mécanisme en charge de ce domaine.

Quels avantages peut tirer le Maroc de la création de cette commission ?
La création de cette commission est un jalon important dans l’édification du Maroc nouveau, le Maroc des droits de l’Homme tels qu’ils sont universellement reconnus. Elle vient consacrer les efforts du Maroc en matière de promotion des droits de l’Homme, et réaffirmer l’attachement du Maroc aux principes du droit international humanitaire. Cette commission constitue également une valeur ajoutée aux instances consultatives récemment créées en vue d’élaborer les avis consultatifs et de les soumettre au gouvernement, tels que l’Instance centrale pour la prévention de la corruption et le Conseil de la concurrence.

Quelles sont les attributions de cette commission ?
Les attributions de cette commission ont été définies par le décret portant création de cet organe consultatif. Cette commission aura pour tâche de contribuer à la diffusion et la consécration des principes du droit international humanitaire à travers des programmes de sensibilisation, d’éducation et de formation au profit des différents secteurs et instances, ainsi que de donner son avis sur les conventions internationales relatives à ce domaine, d’étudier ces conventions et de fournir des propositions pour contribuer au processus d’adhésion du Royaume au droit international humanitaire.
La commission élaborera un rapport annuel sur ses activités qui sera soumis au Premier ministre.

Comment comptez-vous renforcer la présence du Maroc sur la scène internationale ?
La commission aura pour mission de renforcer la présence du Maroc sur la scène internationale, en exposant l’expérience marocaine relative à la promotion du droit international humanitaire et en coordonnant ses efforts avec les autres instances sur les plans international et régional ainsi qu’avec le comité international de la Croix-Rouge.
Elle sera également chargée d’échanger les expériences et les informations avec les commissions nationales du droit international humanitaire des pays tiers. Par ailleurs, la commission veillera à renforcer les initiatives et les efforts déployés par le Maroc pour la défense de la cause nationale, en contribuant à dévoiler les graves violations du droit international humanitaire dans les camps de Tindouf et à sensibiliser la communauté internationale à cette situation, qui est en contradiction totale avec le droit international humanitaire, notamment les conventions de Genève.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *