Fès : la faculté de droit en ébullition

Fès : la faculté de droit en ébullition

L’année universitaire 2006-2007 démarre mal pour les étudiants de la Faculté des sciences juridiques, économiques et sociales de Fès. Ils entament leur troisième semaine de grève après une série d’arrêts des cours qui a commencé en octobre. Hier, la cour du 20 Janvier était le cadre d’un sit-in de protestation des nouveaux étudiants, qui dénoncent le système d’attribution des bourses. Une marche des étudiants de toutes les sections est également prévue aujourd’hui, toujours pour ce même sujet.
M. Farissi Serghini, doyen de la Faculté des sciences juridiques, économiques et sociales de Fès estime pourtant que les inscriptions pour cette année se sont bien déroulées. «Nous avons même accordé deux possibilités supplémentaires de rattrapage pour ceux qui n’ont pas été inscrits. Les cours ont repris normalement, mais nous avons été surpris par l’affichage d’un avis par quelques étudiants d’Al Adl Wal Ihssan indiquant que tous les bacheliers sont autorisés à être inscrits pour cette année universitaire 2006-2007 quelle que soit l’année d’obtention de leur diplôme de baccalauréat. L’avis annonce aussi que le délai d’inscription n’est pas limité. Il faut savoir que la faculté des sciences juridiques, économiques et sociales de Fès est la seule faculté qui est ouverte à tous les étudiants des différentes branches. Nous faisons de notre mieux pour permettre l’inscription des bacheliers des années 2004 et 2005. Mais nous ne pouvons pas faire plus, surtout qu’un nombre important des étudiants ne se présentent pas pendant les examens de fin d’années. Nous estimons que c’est du gaspillage aussi bien au niveau des fournitures administratives que des ressources humaines» explique –t-il.
La grève a été déclenchée par les étudiants d’Al Adl Wa Ihssan mais d’après des militants islamistes au sein de l’UNEM, ce sont les gauchistes radicaux qui dirigent maintenant les manifestations de protestation. Farissi Serghini apporte une précision qui ne confirme ni n’infirme cela. Il se contente de souligner que : «C’est une minorité de 15 étudiants qui sèment la terreur. Ils  obligent les autres étudiants à quitter les amphithéâtres en les menaçant verbalement ou en faisant usage d’armes blanches. Jusque-là, les grèves ne dépassaient pas trois jours mais celle du 27 novembre touche à sa troisième semaine. Je ne cesse de recevoir les doléances des parents qui sont pour la reprise immédiate des études. 90 % des étudiants sont sérieux et assidus mais ils sont terrorisés et contraints de ne pas assister aux cours.», souligne-t-il avant d’ajouter qu’il reçoit les grévistes «presque chaque jour bien qu’ils sont le plus souvent impolis et irrespectueux mais leurs revendications dépassent l’imagination. En plus de ce que je viens d’évoquer, ils exigents l’accès sans sélection aux Masteres !»
Mohamed Elyoubi, militant de l’Union nationale des étudiants du Maroc (UNEM), considère que les responsables de la Faculté des sciences juridiques, économiques et sociales ne sont pas coopératifs.
Mohamed Benmessaoud, secrétaire général de l’UNEM, s’emploie à son tour à justifier la mauvaise humeur des étudiants qui n’est nullement le fruit, selon lui, de l’embrigadement orchestré par la quinzaine de meneurs dénoncés par l’administration : «L’Assemblée générale des étudiants de la Faculté de droit de Fès, encadrée certes par nos soins, s’est prononcée démocratiquement pour la grève ouverte. Nous rejetons les accusations de violence portées contre les militants adlistes au sein de l’UNEM, cela ne fait pas partie de nos traditions ni de nos valeurs… »
Reste la réalité du climat de violence psychologique, voire physique sur le terrain, qui n’augure de rien de bien.

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