Fès : Pas d’école pour Hind Tahiri

Fès : Pas d’école pour Hind Tahiri

Cela fait presque deux semaines que Hind Tahiri, une jeune fille de 14 ans, fait l’école buissonnière. Malgré elle. Et pour cause, ses parents n’arrivent toujours pas à lui trouver une place dans l’une des écoles privées de Fès. Tout a commencé lorsque Naceur Tahiri, le père de la petite Hind, a décidé, le 17 février dernier, de changer d’établissement scolaire pour ses trois enfants, Hind, Karim (12 ans) et Sofia (8 ans), inscrits tous dans ITEP, une école privée locale.
Un changement que le père a opéré parce qu’il estimait que les professeurs de ITEP n’ont pas une démarche pédagogique adéquate. Naceur Tahiri a procédé par la suite à la réinscription de ses enfants dans un autre établissement privé, le Groupe scolaire Al-Jabr. Le 24 février dernier, c’est-à-dire trois jours seulement après l’entrée de ses enfants dans cette école, les Tahiri reçoivent une convocation de la part de la direction du Groupe scolaire en question qui leur remet une lettre de non-inscription pour Hind. Les raisons avancées par le Groupe scolaire Al-Jabr se basent sur une soi-disant pression menée par certains parents d’élèves. «La direction du Groupe scolaire Al-Jabr m’a annoncé que cinq parents d’élèves lui ont remis une pétition dans laquelle ils réclament l’expulsion de ma fille Hind sous peine de se voir contraints de retirer eux-même leurs enfants!», déclare Naceur Tahiri, l’air ébahi. Contactée par Aujourd’hui Le Maroc, Hakima Lazrak, la directrice fondatrice du Groupe scolaire Al-Jabr a refusé de répondre à nos questions. Ce qui ne fait que renforcer le doute autour de cette histoire.
Dans la lettre de non-inscription, Hakima Lazrak reproche aux parents le fait de cacher que leur fille a des problèmes psychologiques et avance comme argument la prise de cette décision une pétition qu’elle a refusé également de montrer à Naceur Tahiri. «Nous n’avons pas inscrit votre enfant dans notre établissement, pour la simple raison que vous n’aviez pas dévoilé au début les comportements psychiques qui vous ont poussé à la confier à un psychologue à Rabat, lequel vous a mis en garde contre «l’ignorance des limites» dans le comportement de votre fille. Aussi craignant quelque aggravation de son cas, et suite aussi à certaines correspondances de parents à son sujet, nous vous remettons les frais que vous nous aviez versés pour l’inscription», lit-on dans la lettre de non-inscription de Hind Tahiri dans le Groupe scolaire Al-Jabr.
Naceur Tahiri ne nie pas que sa fille est suivie par une psychologue, à Rabat, du nom de Chantal Emram. «Ma fille est turbulente, mais elle a également d’excellentes notes. Elle a un excès d’énergie. D’ailleurs, le rôle des instituteurs n’est-il pas de canaliser cette énergie ?», s’interroge-t-il, tout en s’insurgeant contre ces parents d’élèves qui ont signé une pétition pour l’expulsion de sa fille d’une école où elle n’a passé que trois journées. Naceur Tahiri n’a pas baissé les bras et a porté l’affaire devant les tribunaux, lundi 28 février. Vendredi dernier, le tribunal de première instance a refusé la plainte déposée par le plaignant contre le Groupe scolaire Al-Jabr. Et en début de cette semaine, l’affaire est arrivée entre les mains de la cour d’appel.
Cela fait plus de deux semaines que Hind et Karim ne se rendent plus à l’école parce qu’après l’expulsion de l’aînée, Naceur Tahiri a résilié le contrat d’inscription pour ses deux autres enfants dans cet établissement scolaire. Sofia, la cadette, par contre, a pu être réinscrite dans une autre école privée. Pour Hind et Karim, les autres établissements contactés refusent, d’une manière plus ou moins directe, de les accueillir. Naceur Tahiri ne mâche pas ses mots : «les écoles privées de Fès se sont passées le mot.
Elles ne veulent pas ouvrir leurs portes à mes enfants». En prenant contact avec l’Académie régionale du ministère de l’éducation nationale, on lui a fait savoir qu’il peut inscrire ses enfants dans un collège public. Solution qu’il ne veut pas envisager pour le moment, refusant que ses enfants doient traités en parias alors qu’ils n’ont rien fait de mal.

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