France : la taxe de l’obésité

En France, comme dans la plupart des pays occidentaux, l’obésité prend des allures d’épidémie, contre laquelle il faut agir dès la prime enfance, par la promotion de l’exercice physique et d’une meilleure alimentation, selon le sénateur Gérard Dériot, rapporteur d’un récent document sur l’obésité de l’Office parlementaire d’évaluation des politiques de santé (Opeps).  "La fréquence de l’obésité en France est en forte augmentation : elle est passée en cinq ans de 8 à 11 % chez les adultes et surtout de 2 à 4 % chez les enfants (moins de 15 ans)", relève-t-il. "Cette évolution préoccupante concerne toutes les générations, quel que soit le sexe, et touche plus fortement les milieux socio-économiques fragiles", note-t-il. Ainsi, selon lui, "un diplômé du supérieur a trois fois moins de risques d’être touché par l’obésité que celui qui n’a pas dépassé le niveau primaire". Et, le surpoids touche 7 % des enfants de cadres et professions libérales contre 25 % des enfants de chômeurs, selon l’étude très complète de l’Inserm commandée par les parlementaires pour établir ce rapport.  "En cinquante ans, le prix des corps gras a diminué de près de moitié, tandis que celui des légumes a augmenté d’un tiers", a indiqué M. Dériot. En effet, plus on mange gras et sucré, moins on mange cher, d’où l’idée d’agir sur l’offre alimentaire par exemple en subventionnant les fruits et légumes pour les rendre plus accessibles aux plus défavorisés. "Fruits et légumes doivent être accessibles à tous, y compris aux ménages les plus défavorisés, grâce à une subvention permettant d’en diminuer le prix", selon l’Opeps. En revanche, taxer les produits trop caloriques, c’est-à-dire trop gras et/ou trop sucrés, suscite une crainte de "pénaliser" les acheteurs les plus pauvres, d’après le rapport.

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