France : pénurie de médecins généralistes

L’Ordre des médecins a prédit jeudi un avenir sombre pour le monde médical, avec un fort déficit de généralistes à compter de 2010 quand l’arrivée de promotions moins nombreuses ne suffira pas à compenser le départ massif à la retraite de la génération du baby-boom. Lundi, lors de "l’amphithéâtre de garnison" au cours duquel les étudiants en sixième année de médecine choisissent leur filière d’internat et la ville où ils l’effectueront, 971 postes de médecine générale sur plus de 2.000 proposés n’ont pas été pourvus. Avec le départ à la retraite prévu d’environ 30.000 praticiens à l’horizon 2010, cette désaffection des étudiants pour la médecine générale constitue "un véritable cataclysme", a estimé jeudi le Conseil national de l’Ordre des médecins (Cnom) au cours d’une conférence de presse sur la démographie médicale française en 2005. "Nous avons atteint un point de non-retour", a déclaré son président Jacques Roland. "Beaucoup d’étudiants en médecine ont préféré redoubler pour tenter d’être mieux classés en 2006" afin de choisir la spécialité de leur choix, a déploré M. Roland, regrettant un "gaspillage de temps et d’argent, lorsqu’on sait qu’un médecin se forme en 10 ans au moins". "Nous nous adressons aux pouvoirs publics afin qu’ils remédient à une situation de pénurie de généralistes qui va avoir des conséquences pour l’ensemble du système français", a-t-il poursuivi, réclamant que l’avenir de la médecine générale soit érigée au rang de "priorité nationale". "Des pans entiers du territoire ne sont plus couverts", a déploré le secrétaire général du Cnom, Jacques Lucas. "Les jeunes ne sont plus attirés par la médecine générale car il n’y a pas de reconnaissance, dans les faits, de cette spécialité", a-t-il expliqué. 

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