Fraude à la CNSS

Décidément, la fraude est endémique au Maroc. C’est à la CNSS, au hasard d’une inspection interne, qu’un scandale a été débusqué la semaine dernière. De quoi s’agit-il ?
Ex-conseiller communal à Casablanca en charge de l’état civil, Mohamed Benchafaï, 55 ans, est accusé d’avoir falsifié des documents administratifs personnels pour profiter de manière indue des prestations et autres pensions accordées par la CNSS en se faisant passer pour un salarié du secteur privé. Secrétaire général du syndicat national professionnel, le mis en cause, qui bénéficiait certainement de complicités à l’intérieur de la Caisse, a fait ainsi profiter lui-même et sa famille des prestations de la CNSS. Grâce à cette entreprise d’escroquerie, la femme de cet escroc a eu droit à une retraite. Mieux, le faux salarié indélicat est allé même jusqu’à immatriculer son père dans les registres de la Caisse comme étant son propre fils. M. Benchafaï a ainsi réussi à faire tomber dans sa poche les pensions de 1993 et celles de 1995. Une bagatelle de près de 1 million de dhs.
Arrêté par le PJ de Casablanca, Mohamed Benchafaï a donné le nom d’un fonctionnaire de la CNSS comme étant son complice dans cette affaire. Interrogé, M. Kial, chef de service de la direction des prestations, a commencé par déclarer ne connaître son accusateur ni d’Eve ni d’Adan. Cette stratégie ne résistera pas longtemps, Benchafaï indiquera à la police des gens qui connaissent sa relation avec lui. En contrepartie des services frauduleux rendus, M. Kial, selon son accusateur, aurait reçu des cadeaux en nature : moutons, téléviseur, réfrigérateur et tutti quanti… Les deux prévenus ont été transférés à la prison de Oukacha en attendant de répondre de leurs actes devant la justice.
Dès l’éclatement de cette affaire, un vent de panique a soufflé dans les couloirs et les bureaux de la CNSS.Certains expliquent que le responsable de la CNSS n’est qu’un lampiste à qui l’on voudrait faire porter le sombrero de toutes les turpitudes de la Caisse. D’autres renchérissent que ce mini scandale montre qu’il existe bel et bien un réseau de falsification des prestations à l’intérieur même de la boîte. Et puis, le cas Benchafaï est-il un cas isolé ou s’agit d’une pratique courante ? Une chose est sûre : cette escroquerie pose d’emblée le problème des procédures de contrôle qui manquent manifestement d’étanchéité. Décidément, l’argent des travailleurs, objet de toutes les convoitises, n’en finit pas d’être dilapidé.

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