FREE BOUSSA : Entretien avec Faycal El Morsi, président de l organisation unie des droits de l homme et des libertés publiques

FREE BOUSSA : Entretien avec Faycal El Morsi, président de l organisation unie des droits de l homme et des libertés publiques

Avant de porter plainte contre ces trois adolescents avez vous pris la peine de contacter leurs parents pour traiter l’affaire d’abord dans un cadre familial ?

Pourquoi ce baiser entre ados a-t-elle pris une telle ampleur ?

Le baiser de Nador a fait le buzz sur les réseaux sociaux, puis massivement dans la presse électronique locale, au point de créer un malaise dans la ville de Nador. D’autant que plusieurs affaires de mœurs ont dernièrement secoué le quotidien des Nadoris (viols de mineurs, agressions, consommations de drogue et de substances illicites  dans l’enceinte même d’établissements scolaires … ).  Alors ce baiser échangé dans l’espace public, en plein jour, et devant un collège, a été la goutte qui a fait déborder le vase. Les parents se sont demandés s’ils envoyaient leurs enfants à l’école pour apprendre ou pour « s’amouracher ». Il fallait donc que la société civile réagisse.

Justement, ne trouvez-vous pas que vous vous substituez aux parents ? Les avez-vous consultés avant de porter plainte contre leurs enfants ?

Oui, avant de porter plainte, nous nous sommes d’abord adressés aux parents des adolescents en question. Pour tout vous dire, ils nous ont tout simplement fait part de leur incapacité à encadrer leurs enfants. C’est face à l’insistance de l’opinion locale, et particulièrement des associations de parents d’élève, que nous avons pris l’initiative de porter plainte.

 Avez-vous pensé à l’avenir de ces mineurs et aux conséquences de toute cette affaire sur leurs vies?

On pense avant toute chose à l’avenir de nos enfants. Ce qu’on voulait surtout, c’est mettre fin à une certaine débauche. Nous voulions aussi provoquer l’ouverture d’une enquête pour savoir si derrière cette photo ne se cachait pas un réseau de détournement de mineurs qui aurait pu vouloir exploiter leur image à des fins peu scrupuleuses. Toutefois, on ne s’attendait pas du tout à ce que ces enfants soient placés dans un centre d’accueil pour mineur…  Mais la justice suit son cours. 

En tout cas vous conviendrez que l’image du Maroc à l’étranger en prend un sacré coup…

Puisque les choses ont pris cette tournure, j’ose affirmer qu’il y a des gens qui guettent la moindre occasion pour porter atteinte à l’image de notre pays.

 Votre association défend les droits de l’homme et les libertés publiques… Vous allez pourtant à l’encontre des libertés individuelles dans le cas présent.

Le but de notre association n’a jamais été de limiter les libertés individuelles. Mais tout de même, soyons réalistes ! Quand les libertés individuelles empiètent sur l’espace public, la situation devient alarmante. D’ailleurs, aucun parent marocain n’accepterait que ses enfants aillent à l’école pour s’embrasser au lieu de suivre leurs cours. Preuve en est, un sondage réalisé par une chaine télévisée nationale qui a démontré que 97% des marocains  sont contre de tels comportements. Ce qu’il faut se demander, c’est comment on est parvenu à une telle situation? Il faut ouvrir un débat national pour poser des repères clairs. Sans quoi, notre identité, nos valeurs et l’éducation de toute une jeunesse, de tout un peuple, seront encore plus menacées.

Vous avez récemment déposé une nouvelle plainte, et cette fois-ci contre les participants au « Kiss-in » qui se déroulait devant le parlement. Dans quel but cette fois-ci ?

Nous avons porté plainte ce lundi 21 octobre contre Ibtissame Lachgar, Soufyane Fares et Nizar Bennamate, pour « atteinte aux mœurs », « déstabilisation de la foi du musulman » et « incitation à la débauche ». Ils ont organisé une  manifestation au cours de laquelle plusieurs couples se sont embrassés publiquement devant le parlement,  sans considération de la loi et du sentiment des familles qui passaient. On attend donc de la justice qu’elle agisse et interpelle ces fauteurs de trouble. Il faut que la loi soit appliquée pour tous.

Pensez-vous que votre deuxième plainte aboutira ?

Si la justice ne réagit pas, nous organiserons nous aussi une manifestation, et celle-ci sera encore plus provocatrice. Nous verrons ainsi si la loi s’applique à tous ou pas. 

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