Fugueuse et violée à 15 ans

Il était huit heures passées de quelques minutes. Le soleil brillait déjà dans le ciel et la température commençait à chauffer; c’était l’été. Nadia vient de sortir de chez elle, mais pas pour aller à l’école. C’étaient les vacances. En outre, elle a quitté les bancs depuis deux ans, après avoir échoué pour la deuxième fois en cinquième année de l’enseignement fondamental.
Actuellement âgée de quinze ans, elle n’a ni frère ni soeur. Ses parents ne s’intéressent pas à elle, ne prennent pas soin d’elle. Ils se contentent de se chamailler, devant ses yeux, d’une fois à l’autre au point que la querelle est devenue l’un des ingrédients de leur vie quotidienne. Nadia ne savait quoi faire au coeur de cette relation conjugale dissonante. À son âge, elle a besoin d’amour parental, de compassion, de consolation. Mais loin de là. Ses parents ne se préoccupent que de leurs disputes désormais quotidiennes.
Lorsqu’elle sort, ce matin, sa mère ne lui a pas demandé sa destination. Elle la néglige totalement, comme si elle n’était pas sa fille. Nadia marche quelques mètres, monte dans le bus qui va au centre ville de Kenitra. Elle n’a pas encore ciblé sa destination précise. Elle voulait, simplement, décamper du domicile, fuir les bagarres parentales…le bus s’arrête au centre ville. Elle descend, avance d’une dizaine de mètres, se retrouve en face de la station des grands taxis à destination de la plage. Elle dispose encore de quelques dirhams dans la poche de son jean’s. “…À la plage…“ se dit-elle. Elle se pointe devant l’un des grands taxis, attend que d’autres voyageurs arrivent. Un jeune d’une vingtaine d’année se tient près d’elle, lui fait des avances. Elle ne répond pas et monte dans le taxi. Il y monte également. Il lui parle, lui exprime des «sentiments». Elle finit par céder. Lorsqu’ils arrivent à la plage, ils sont déjà déjà comme deux vieilles connaissances. Et ils passent une belle journée.
Dix-neuf heures. Il lui demande: “Que penses-tu de m’accompagner chez moi…j’occupe seul une chambre“. Elle ne répond pas. Un mutisme qu’il interprète comme un signe d’acquiescement. Et effectivement elle l’accompagne chez lui. D’un mot à l’autre, elle cède à ses instincts sexuels. Il la déflore sans hésitation. Elle ne lui fait aucun reproche. Une heure et demie plus tard, le jeune homme se lève, se dirige vers son armoire, ouvre la porte et tire un uniforme. Nadia écarquille ses yeux, se surprend. Il lui jette un regard, l’interroge : “Tu es surprise ou quoi ?“. “ Non…non, pas du tout…seulement, je ne savais pas que tu étais policier et tu ne me l’as pas dit…“ lui répond-t-elle. “ En tout cas, je vais commencer mon travail vers huit heures…je vais m’en aller maintenant…Si tu veux rester, c’est avec un grand plaisir et si tu veux partir…je ne t’en empêche pas…“.
Elle a préféré passer la nuit chez lui. Il part, verrouille la porte. Nadia dort. Le policier ne revient que le lendemain.
“Je veux rester jusqu’à ce soir…tu permets ?“ lui demande-t-elle.
“Tu peux sortir à n’importe quel moment…tu es libre…mais viens…viens près de moi d’abord…“ lui dit-il.
Elle s’approche à lui. Il lui ôte les vêtements, lui fait l’amour avant de s’endormir et qu’elle ne parte. Nadia monte dans un bus, se rend chez sa cousine, Fatiha. Cette dernière lui a reproché de ne pas avoir passé la nuit chez elle. Nadia ne répond pas. Le soir, elle retourne chez le policier. Elle passe avec lui une deuxième nuit.
Le lendemain, elle regagne la plage, rencontre un jeune ; Aziz, 26 ans, réparateur de vélomoteurs. Ils se familiarisent et passent la journée ensemble. Il lui propose de l’accompagner chez lui. Elle accepte. Ils passent plus de deux heures dans l’intimité… Vingt-deux heures. Quelqu’un frappe à la porte. Aziz ouvre. Abdelkhalek entre. Ont-ils un rendez-vous ? Personne ne sait au juste. Quelques secondes plus tard, un troisième individu frappe à la porte. Une fois encore Aziz ouvre. Ahmed entre. Nadia se sent piégée.
Aziz et Abdelkhalek sortent. Ils laissent Nadia en compagnie, d’ Ahmed. Il la viole, avant de ressortir une demi-heure et de céder la place à Abdelkhalek, qui la viole à son tour. Une heure plus tard, Aziz et Abdelkhalek entrent, dénudent Nadia, commencent à la violer ensemble comme dans un film pornographique.
Nadia sanglote, crie, leur demande de la relâcher. En vain. Le lendemain, elle sort de chez Aziz, se rend chez sa cousine, lui raconte sa triste histoire. Sa cousine appelle le père de Nadia. Une plainte est déposée et les trois voyous sont arrêtés. Après ce viol collectif, Nadia pense-t-elle toujours à fuir la maison paternelle ? Et, surtout, ses parent ont-t-ils pris conscience que leur négligence est la cause essentielle de ce drame ?

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