FVJ : Un congrès sans « grands enjeux »

FVJ : Un congrès sans « grands enjeux »

Le Forum vérité et justice (FVJ) tient, ce week-end à Bouznika, son deuxième congrès national. Des dizaines de participants sont attendus à ce congrès qualifié de rendez-vous sans "grands enjeux" par Mohamed Sebbar, président sortant du FVJ. L’avocat du barreau de Rabat précise toutefois que les seuls enjeux d’un tel congrès pourraient concerner les positions dans l’organisation de cette ONG créée en 1999.
C’est dans ce sens, précise Mohamed Sebbar, qu’il s’agira de garantir l’élection d’un bureau national plus diversifié. "Nous veillerons à ce que cela soit ainsi à l’issue du congrès", précise-t-il. Ainsi, le scénario le plus probable pourrait déboucher sur des instances du FVJ où les formations d’extrême gauche n’auraient plus le dessus comme cela avait été le cas durant les six ans de la vie, assez mouvementée, de cette ONG.
Cette "guerre des positions" avait déjà commencé, il y a plusieurs semaines. L’Union socialiste des forces populaires (USFP) ambitionne de prendre la tête du FVJ à travers la personne de Abdelhak Aândalib, usfpéiste de Marrakech et membre très actif au sein du conseil national de cette ONG. L’autre nom le plus cité pour la succession de Mohamed Sebbar, et qui serait soutenu par ce dernier, n’est autre que Jamal Eddine Rouissi, frère de Abdelhak, l’une des plus célèbres victimes de la disparition forcée.
Parmi les autres "prétendants", l’on retrouve également Abdessalam Boutayeb, autre membre dynamique de la commission administrative du FVJ et de l’ONG "La déclaration du Rif". Mohamed Sebbar, lui, avait annoncé, il y a plusieurs semaines qu’il ne se portait pas candidat à sa propre succession.
"On ne peut pas être adeptes d’alternance et ne pas l’appliquer dans son champ d’action", affirmait Me Sebbar dans un précédent entretien avec ALM. Chose qu’il confirme encore aujourd’hui en affirmant, non sans humour, que "les gens attendent une Coupe du monde tous les quatre ans et six ans d’exercice, cela me suffit largement".
Le rapport final de l’Instance Equité et Réconciliation (IER) sera présent en force lors des travaux de ce deuxième congrès du FVJ. Il sera surtout question de débats autour des recommandations de cette dernière instance et de la manière de les mettre à exécution.
Depuis sa création en 1999 par un groupe de victimes des graves violations des droits de l’Homme, le FVJ a vécu une série de rebondissements et de crise. Driss Benzekri, ex-président et fondateur du FVJ, avait été rudement pris à partie par ses propres camarades au moment où il a été désigné à la tête de l’IER. Les problèmes se sont aggravés avec l’interdiction, par la justice, de la section de Laâyoune pour discours et pratiques pro-séparatistes. Cette dernière section a fini, ces derniers jours, par être restructurée. Ce deuxième congrès du FVJ sera ouvert vendredi à 18h00 à la faculté des sciences de l’université Mohammed V à Rabat (Bab Rouah) alors que les travaux se poursuivront, samedi et dimanche, au complexe Moulay Rachid à Bouznika.

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