Gain facile : C’est stupéfiant !

Gain facile : C’est stupéfiant !

Vendredi 9 janvier 2004. À la troisième base aérienne de Kénitra, un avion de transport militaire vient d’atterrir et les membres de l’équipage en descendent. Ils s’attendaient à être chaleureusement accueillis mais c’est le contraire qui s’est produit. Pourquoi ? Un seul membre de l’équipage avait la réponse. Les autres étaient dans l’embarras ignorant les raisons pour lesquelles les éléments de la Brigade nationale de la police judiciaire, accompagnés des responsables de l’armée étaient à leur attente. “A. Ahmed, viens avec nous“, lance l’un d’entre eux. C’est lui leur objectif. Ils ont des informations faisant état qu’il avait dissimulé 20 kilos de haschich à l’intérieur de sa valise personnelle qui renfermait ses propres effets et l’avait remise, à Paris en France, à un trafiquant de drogue. Soumis aux interrogatoires, A. Ahmed, âgé de 41 ans, marié, a craché le morceau.
C’était à Khouribga où il accompagnait son frère à une auto-école, appartenant à Fatna. B. Il ne se souvient pas des circonstances qui lui ont permis d’engager une conversation avec cette femme divorcée de 47 ans, mère d’un enfant. Leur origine de Benahmed, région de Settat, les a encouragés d’entretenir une relation amicale. Une relation qui s’est développée au fil des jours, notamment lorsqu’ils se sont retrouvés avec les mêmes ambitions : Avoir de l’argent pour mener une vie meilleure. D’une rencontre à l’autre, elle est arrivée à se familiariser avec lui au point qu’elle lui a dévoilé toutes ses confidences et ses ambitions ; son rêve, c’est d’avoir un débit de boissons et un supermarché.
Ahmed lui a également ouvert son coeur pour lui divulguer son ambition de s’engager dans un commerce lui permettant d’assurer sa vie. Fatna n’a pas cessé d’expliquer à Ahmed qu’un ami à elle de Meknès l’a informée que plusieurs personnes sont arrivées à faire fortune grâce au trafic de drogue. Elle lui a précisé que la même personne l’a convaincue que les barons du haschich préfèrent avoir une relation avec un pilote comme lui surtout que sa fonction au sein de l’armée de l’air le met loin de tout contrôle et lui facilite la tâche. Son hésitation n’a pas duré trop longtemps pour accepter la proposition.
Début décembre 2003, l’officier Ahmed passe à l’action. A ce propos, il a accueilli Fatna qui est venue chez lui, à, la base aérienne de Kénitra. Elle était à bord de sa propre voiture, d’où elle allait descendre et ouvrir le coffre pour saisir deux grands sachets en plastique noire et les lui remettre.
Ils contenaient 10 kilos de chira. Ahmed les a déposés dans le coffre de sa BMW. Avant de partir, elle lui a glissé un bout de papier portant le numéro de téléphone de la personne à laquelle il va remettre la marchandise en France. Cependant, le voyage programmé vers la France a été reporté. Il a téléphoné à Fatna pour l’aviser du report. Toutefois, cette dernière lui donne rendez-vous près de la gare Rabat-Agdal. Il l’a rejointe et elle lui a remis un nouveau paquet de 10 kilos de haschich. Seulement, cette fois, elle était accompagnée de Mohamed Khalloufi, 57 ans, marié et père de 9 enfants, fellah de son état. C’est ce dernier qui s’est chargé de coordonner entre les trafiquants au Maroc et en France.
Le voyage a été programmé une fois encore dans les jours qui suivent. Comment peut-il dissimuler la marchandise sans attirer l’attention des membres de l’équipage ? A ce propos, il a renfermé le haschich dans une boîte en carton qu’il a mise dans sa propre valise. En arrivant à l’aéroport d’Orly, à Paris, il s’est rendu dans un hôtel de la place pour téléphoner à un certain N.
Celui-ci l’a rejoint pour prendre le haschisch et partir sans lui verser le moindre sou. Il semble qu’il devait attendre son retour pour qu’il soit rémunéré. Seulement, il a trouvé la police à son attente. Suite à ses indications, les éléments de la BNPJ ont rapidement mis la main sur Fatna. B qui a reconnu les charges qui lui ont été attribuées par Ahmed.
Qui l’a approvisionnée en haschich? C’est Mohamed Erradi, âgé de 49 ans, élément des forces auxiliaires, exerçant à la Cour d’appel de Meknès, père de deux enfants, qui lui a permis d’entretenir une relation avec un grand trafiquant de drogue à l’échelle internationale et qui s’est chargé de l’approvisionner. Il s’agit de Mohamed Hantilou, alias Rifi.
Arrêté, Rifi a affirmé aux enquêteurs avoir ravitaillé Fatna en haschich, mais également d’autres personnes dont un douanier exerçant au port de Casablanca. Il s’agit d’Abdellatif. T, 44 ans, père de trois enfants. Ce dernier n’a pas refusé de coopérer avec lui en lui facilitant l’exportation du haschich vers l’Europe via le port de Casablanca contre des commissions importantes. Dans une première opération, il lui a remis une quantité de 400 kilos de haschich que le douanier devait dissimuler dans un camion remorque allant en France. Seulement, il a échoué. En solution, il a remis une quantité de 200 kilos à un trafiquant de drogue, actuellement en fuite, qui a réussi de l’exporter vers la France ; a donné une quantité de 60 kilos à une autre personne qui est également en fuite et 83 kilos à Abderrazak. S, 44 ans, qui avait purgé une peine de 10 ans de réclusion criminelle après avoir été impliqué, en 1996, dans le réseau de Belmokhtar. Le douanier a gardé le reste, à savoir 57 kilos, chez lui, à Mohammédia. Entre-temps, Rifi lui a livré une autre quantité de 200 kilos.
Seulement, Rifi ne lui avait pas accordé le temps nécessaire pour faciliter l’export. C’est la raison pour laquelle, il lui a remis 100 kilos et a gardé le reste.
Arrêtés, les sept mis en cause dont une femme ont été traduits devant le juge d’instruction près le tribunal de première instance de Casablanca-Anfa. La chambre correctionnelle près cette instance examine actuellement ce dossier dans lequel l’administration des Douanes s’est constituée partie civile et réclame des dommages et intérêt de 40.186.916,00 dirhams.

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