Gare à la politique politicienne

Le Conseil de gouvernement se penchera dans une prochaine réunion sur les questions liées à aux échéances électorales de septembre 2002, entre autres, la révision du code électoral et la prise de mesures y afférentes. Le Premier ministre Abderrahmane Youssoufi en a fait l’annonce lors de la réunion du conseil tenue jeudi à Rabat, dans un message de voeux à l’occasion du nouvel an, assorti de nombreuses recommandations aux membres du gouvernement.
Dans une allusion à la guerre sourde que se livrent certaines formations de la Koutla sur fond de campagne électorale avant l’heure, le Premier ministre et premier secrétaire de l’USFP a souhaité que la majorité «fasse preuve de cohésion» et qu’elle traite l’opposition avec civisme. Il en a appelé à davantage d’esprit d’ouverture, «afin d’aboutir à un code électoral à la hauteur», garantie d’élections transparentes. Le Premier ministre est allé jusqu’à rappeler que ce sont ces considérations qui ont «conduit à la formation du gouvernement d’alternance par feu S.M. Hassan II» et que cela constitue «une partie de la mission dont le défunt Souverain nous a chargés».
S.M. le Roi Mohammed VI avait insisté dans son discours du Trône du 30 juillet dernier sur la nécessité de « l’organisation des élections dans les délais constitutionnels et légaux normaux », dans le cadre de « la maturité atteinte par l’édifice démocratique national ».
En même temps, le Souverain engageait les acteurs de la scène politique à éviter « d’entraîner le pays dans une campagne électoraliste réductrice », afin de ne pas « détourner les citoyens des problèmes réels du pays, en focalisant leur attention sur la surenchère et les problèmes subsidiaires ».
Au moment où l’échéance de septembre 2002 approche à grands pas, alliances, mésalliances et positionnements stratégiques en tous genres, enlisent la machine démocratique dans une mare de politique politicienne et jettent une ombre sur la faisabilité de cette consultation dans les délais prévus. L’on s’éloigne de plus en plus de la voix tracée par le Souverain qui avait dans le même discours fait remarquer que «les élections et les modes de scrutin, ne constituent pas une fin en soi. Ils représentent plutôt un moyen démocratique à même de favoriser l’émergence d’une élite d’hommes d’Etat et de dégager une majorité homogène issue d’élections compétitives et honnêtes».

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