Généralisation de la scolarisation

La généralisation de la scolarisation est un défi à relever. La question est toujours d’actualité en vue de mettre un terme à l’analphabétisme qui handicape le développement de notre socièté. Dans ce sens, le ministre de l’Education nationale, Abdallâh Saâf a procédé, lundi dernier à Rabat, au lancement d’une opération de mobilisation sociale pour le soutien de la scolarisation.
Lors de la séance d’ouverture de cette manifestation, le ministre a estimé que le rêve de la généralisation de la scolarisation, caressé depuis 40 ans, devra être atteint dès la prochaine année scolaire. Et de souligner que pour concrétiser cet objectif, le gouvernement a pris plusieurs mesures visant à porter le nombre des élèves inscrits au primaire à 4.686.000 et à réaliser un taux 94 % de scolarisation pour les enfants âgés entre 6 à 11 ans. Et d’ajouter que 2.746 classes supplémentaires seront ouvertes au niveau du primaire et plus de 6.900 instituteurs seront affectés au début de la prochaine rentrée scolaire.
M. Saâf a également précisé que selon les indicateurs enregistrés entre 1997 et 2001, le taux de scolarité chez les enfants âgés de six ans est passé de 37 à 91 %, tandis que chez la tranche d’âge 6-11 ans, ce pourcentage est passé de 68 à 90 %.
Pour les enfants âgés de 9 à 11 ans, n’ayant jamais fréquenté l’école, ou encore ceux, ayant abandonné leurs études au niveau du primaire, un programme de rattrapage dans l’enseignement non formel a été lancé dans toutes les délégations du ministère de l’Education nationale. Ce programme s’inscrit dans le cadre des mécanismes d’accompagnement visant la généralisation de la scolarisation. Au cours de l’année scolaire en cours, le programme en question ambitionne d’intégrer pas moins de 130.000 enfants.
Le ministre de l’Education nationale a également mis l’accent, à cette occasion, sur la coordination entre les services de son département et les différents intervenants dans ce domaine, surtout avec la société civile, pour s’assurer une plus grande mobilisation sociale et une efficacité plus grande dans les régions prioritaires.
La mission est noble. Elle nécessite l’implication des différentes parties et la mobilisation des moyens nécessaires ainsi qu’une gestion rationnelle des ressources humaines. Pour ce dernier volet, il est à souligner que les programmes lancés pour la lutte contre l’analphabétisme, notamment dans le monde rural, n’ont pas donné les résultats attendus. Et pour cause. L’affectation des instituteurs vacataires dans des contrées lointaines sans tenir compte de leurs connaissances de la région et de ses traditions se répercute négativement sur leur rendement. On n’imagine mal comment un instituteur issu de Derb Ghallef pourrait donner des cours de lutte contre l’analphabétisme à une femme, âgée de 55 ans dans le Moyen Atlas, n’articulant que sa langue maternelle.
Le problème se pose également dans certaines régions pour les enfants de sept ans. Le paradoxe est qu’on trouve un grand nombre d’instituteurs, issus de ces régions, affectés dans les grandes villes. Dans les deux cas, il y a des réclamations. Les premiers souffrent de l’éloignement alors que les seconds se plaignent du coût de la vie, élevé. Dans ce cadre, force est de constater qu’une bonne gestion des ressources humaines mettrait un terme à ce problème, ou du moins l’atténuer.

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