Goodyear : la déroute des salariés

Vraisemblablement, l’ouverture du marché marocain cause des soucis à Goodyear Maroc. Le géant international du pneumatique décide de «sacrifier» une partie de son personnel pour sortir de cette «situation difficile». «Rappelons d’abord la nature du problème qui nous pousse à mettre en place une restructuration. Même si cela a été beaucoup répété, il n’est sûrement pas inutile de rappeler que notre marché n’est plus un marché protégé par des droits de douane qui dissuadent la concurrence d’y venir», explique la direction de cette entreprise dans une note adressée tout récemment au personnel. Et de détailler, « l’ouverture du marché marocain du pneumatique, et des marchés en général, nous confronte à des problèmes de compétitivité qui nous affaiblissent au Maroc et nous empêchent de vendre à l’exportation. La solution passe obligatoirement par un plan de restructuration de 150 personnes». Voilà, le Royaume n’est plus intéressant pour cette multinationale. Les employés, quant à eux, prennent leur mal en patience et s’attachent à leurs droits comme stipulé dans le Code du travail en vigueur. «Lors de nos réunions, nous avons sacrifié pas mal de points. Mais, nous restons intransigeants quant à nos indemnités de licenciement. Même pour ce point-là, la direction ne compte accorder que près de 60 % du montant de chaque indemnité », lance Mustapha Louwahi, secrétaire général du syndicat des employés de Goodyear affilié à l’Union marocaine du travail (UMT). Jusqu’à aujourd’hui, ce sont sept réunions qui ont été organisées pour trouver un accord entre la direction et le syndicat. En présence du gouverneur de Sidi Bernoussi, d’inspecteurs de travail et des représentants des deux parties concernées, ces réunions «n’ont pas abouti». «Une autre réunion est prévue dans les prochains jours avant de solliciter l’arbitrage du comité national d’enquête et de réconciliation à Rabat», tient à préciser Mustapha Louwahi. En attendant, les employés ne sont pas restés les bras croisés. Ils ont adressé une lettre au Premier ministre dans laquelle ils sollicitent son intervention pour régler cette affaire. Ils ont entrepris la même démarche auprès du ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle, du ministre de la Justice ainsi que la wilaya de Casablanca. Les professionnels du secteur pointent du doigt la contrebande qui ne cesse de sévir et de gagner du terrain dans l’indifférence des autorités compétentes. En outre, d’autres pratiques minent ce secteur en le tirant vers le bas. En effet, au Maroc, les pneus subissent un cycle de «recyclage» très particulier. C’est ainsi que des commerces informels se sont spécialisés dans la vente des pneus rechapés à des prix plus qu’abordables. Certains clients préfèrent désormais aller à la Joutia que de faire leur emplette chez une société de pneumatique connue sur le marché aussi bien national qu’international.

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