Greffe des cellules souches

Des chercheurs américains ont réussi à implanter des cellules souches embryonnaires humaines dans le cerveau de souris, et à les faire évoluer en cellules neuronales dans différentes régions du système nerveux. Cette opération s’est déroulée en trois étapes: le prélèvement des cellules souches embryonnaires humaines, la culture et la différenciation in vitro de ces cellules en neurones puis leur implantation dans le tissu nerveux. Après transplantation de ces cellules dans différentes régions du cerveau de souris, elles sont devenues des neurones fonctionnels. Les neurones observés après la greffe ont été pour la plupart identiques à ceux d’un cerveau sain et pourraient être utilisés, plus tard pour traiter les patients atteints de la maladie de Parkinson ou d’autres affections du système nerveux. Isolées pour la première fois en 1998, ces cellules souches dites pluripotentes sont capables de donner naissance à des lignées de cellules spécialisées (sang, foie, muscle, etc.). Elles pourraient permettre, selon les scientifiques, de réparer, voire remplacer, des organes endommagés et guérir des maladies incurables. Mais pour les obtenir, les chercheurs doivent récupérer soit des foetus avortés, soit des embryons « surnuméraires », c’est-à-dire obtenus lors de traitements contre la stérilité. L’idée soulève toujours une forte opposition aux Etats-Unis de la part des lobby anti-avortement et de la hiérarchie catholique, qui considèrent que la vie débute dès la conception. Le Président George W. Bush a interdit en août dernier tout financement public de la recherche sur les cellules souches embryonnaires en dehors des recherches sur des lignées des cellules souches existantes déjà dans les laboratoires. En 1995, le Congrès à majorité républicaine avait également interdit tout financement fédéral de recherches médicales impliquant la destruction d’embryons humains. Dans une lettre adressée au Président Bush et signée par 80 Prix Nobel, les chercheurs soutiennent que les embryons utilisés dans ces recherches seraient de toute façon jetés et donc perdus pour la science. L’utilisation de ces cellules, qui recèlent de formidables potentialités thérapeutiques, soulève toujours un sérieux problème éthique et une polémique intense aux Etats-Unis. Craignant l’usage de ces cellules dans des projets de clonage humain, la Chambre des représentants a adopté en juillet un projet de loi prévoyant de sévères mesures pénales contre ceux qui oseraient cloner un embryon humain. Cependant, une entreprise américaine basée au Massachusetts a annoncé dernièrement qu’elle a réussi le premier clonage d’un embryon humain pour obtenir des cellules souches à des fins thérapeutiques. Une annonce qui a relancé le débat aux Etats-Unis sur l’utilisation de ces cellules miraculeuses capables de produire n’importe quel type de cellules et pourraient constituer la base des futures thérapies cellulaires contre des maladies qui demeurent jusqu’à présent incurables.

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *