Grippe aviaire : le dispositif du Maroc

Grippe aviaire : le dispositif du Maroc

A l’instar des autres pays du monde, le Maroc se prépare à faire face à une éventuelle épidémie de grippe aviaire. Le comité national de lutte contre la pandémie de la grippe aviaire s’est réuni lundi 5 septembre à Rabat pour discuter des dispositions prises par le gouvernement en cas de menace et du risque de propagation de cette maladie dans le Royaume. Le ministre de la Santé, Mohamed Cheikh Biadillah a affirmé lors de cette rencontre que le Maroc est épargné pour l’instant de la menace de cette infection. Néanmoins, une vigilance accrue s’impose.
Le risque de contamination par les oiseaux migrateurs n’est pas écarté. En effet, ces oiseaux pourraient «exporter» le virus mortel dans le pays et provoquer une énorme propagation. «Il s’agit d’une épizootie qui touche les oiseaux migrateurs et en particulier les volailles, soit par les points de contact ou les déjections des oiseaux migrateurs», a souligné le ministre de la santé dans une déclaration à la presse, en marge de la réunion de la commission nationale. «Vu sa position géographique, le Maroc est une grande voie de migration des oiseaux qui nichent en Europe.
Certains de ces animaux font escale au Royaume avant de regagner le sud de l’Afrique. Alors que d’autres hivernent dans le pays car il leur offre toutes les conditions nécessaires pour passer l’hiver», explique Mohamed Ribi, chef de la division des parcs et réserves naturelles, au Haut commissariat aux eaux et forêt et à la lutte contre la désertification. Et d’ajouter : «Sur 330 espèces d’oiseaux qui existent au Maroc, 2/3 de ces animaux sont migrateurs. Les oiseaux d’eau sont les plus redoutables car ils sont des transporteurs potentiels du virus de la grippe aviaire». Par ailleurs, les alertes se multiplient à ce sujet. Outre l’appel de l’OMS à renforcer les mesures de surveillance, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a récemment mis en garde les pays africains situés sur la façade méditerranéenne contre le virus mortel de la grippe aviaire qui pourrait être propagé par les oiseaux sauvages à partir de plusieurs pays asiatiques où sévit l’épidémie. La FAO a estimé d’autre part que des plans d’urgence et la mise en place de mesures préventives sont indispensables dans les pays situés le long des voies migratoires.
Concernant le Maroc, un plan de prévention est en cours de finalisation et sera soumis dans les jours à venir au Premier ministre pour sa validation et sa mise en œuvre. Par ailleurs, certaines mesures de prévention ont été déjà prises par le gouvernement. Depuis 2003, les importations de la volaille en provenance des pays d’Asie ont été suspendues. En avril dernier, le Maroc a fait sa demande d’approvisionnement du médicament antiviral utilisé contre la grippe, en l’occurrence Tamiflu. Il atténue les manifestations de cette affection et accélère la guérison. De récentes études suggèrent que ce médicament aurait également un rôle préventif : il pourrait réduire de 80% le risque d’infection de personnes exposées au virus. En outre, cinq commissions ont été désignées dans le cadre du plan d’action national. Il s’agit des commissions de «Planification et de la coordination», «Surveillance et de prévention», «Organisation de l’offre de soins» et de la commission de la communication. Rappelons que la grippe aviaire est une infection virale contagieuse, provoquée par une souche A du virus grippal, touchant principalement les volailles et les oiseaux domestiques ou sauvages. Infectées par ce virus, plusieurs personnes sont mortes notamment à Hong Kong. Il y a plusieurs sous-types du virus de la grippe aviaire, qui causent la maladie chez les humains. Le sous-type (H5N1) étant celui qui est associé à la forme la plus grave de la maladie chez l’homme.

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