Grogne des marchands de tabacs

Deux questions intéressent actuellement l’opinion publique nationale. La première concerne le boycott annoncé par les petits et moyens commerçants et la seconde porte sur les perspectives de privatisation de la Régie des tabacs.
En effet, depuis lundi dernier, le Syndicat national des petits et moyens commerçants boycotte l’achat du tabac en raison des effets néfastes de la révision des taxes imposées aux vendeurs de cigarettes, et qui dépassent, selon Ahmed Abouh, secrétaire général du SNPMC, le capital même de certains commerçants.
Pour arrêter cette hémorragie, dit-il, le Syndicat a tenu une conférence de presse, mardi 14 janvier 2003, au cours de laquelle il a fait part des doléances de son personnel et des conditions de vie et de travail difficiles dans lesquels se débattent les petits et moyens commerçants, notamment en raison des impôts exorbitants qui leur sont imposés et de l’anarchie qui règne dans le domaine du commerce.
Aussi, devant l’absence d’échos favorables à leurs attentes, les commerçants ont décidé de boycotter l’achat des cigarettes depuis lundi jusqu’à vendredi prochain.
Mais, faute de réactions de la part des responsables, le mouvement de contestation serait appelé à prendre l’ampleur d’une grève générale, au cours du mois de février prochain.
L’escalade pointe donc à l’horizon, et M. Abouh n’exclut pas, à cet effet, un recours à des actions plus fermes et plus spectaculaires à la fois. D’ailleurs, précise-t-il, le mouvement de boycott est largement suivi, aussi bien dans les grandes que dans les petites villes. Le taux de succès de cette opération ajoute-t-il, en termes de précision supplémentaire est aux alentours de 80 à 85 % ; et ce « malgré les difficultés en ce qui concerne la communication entre les membres de ce secteur ». Ayant à l’esprit des expériences précédentes dans le domaine de la contestation, notamment en ce qui concerne la participation de son syndicat aux grèves du 20 juin 1981 et du 14 décembre 1990, qui ont tourné à l’émeute, il estime que son syndicat constitue toujours un fer de lance pour les mouvements contestataires.
Bien entendu, même en persistant à faire comprendre à ses interlocuteurs qu’il n’a nullement l’intention d’arriver à une situation de blocage, il n’en demeure pas moins important qu’en raison du marasme social et économique, le recours à la démonstration de force est susceptible de dégénérer à tout moment.
Cela dit, au sein de la Régie des tabacs, les travailleurs brossent un tableau, on ne plus sombre sur leur avenir. Les perspectives de privatisation pèsent sur le climat général. Des sources syndicales ne manquent pas de signaler l’absence de clarté dans ce domaine. Des sources fiables évoquent l’intérêt suscité par des firmes américaines à l’égard du marché marocain.

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