Grogne des petits taxis à El Jadida

L’agression, qui a coûté la vie à un chauffeur d’un petit taxi la nuit de samedi à dimanche 16 mars vers le coup de 23H30, n’est pas la première en son genre. Puisque déjà dans le passé, encore récent, d’autres cas similaires ont été enregistrés.
Encore sous le choc de ce tragique drame, qui a consterné toute une population, les chauffeurs de petits taxis observeront un sit-in de trois heures ce lundi 25 mars 2002, de 7H à10H du matin, à la place Abdelkrim Al Khatib, pour, d’une part, exprimer la douleur de deuil qui les frappe, pour manifester, d’autre part, leur désapprobation sur les risques et dangers auxquels ils sont constamment exposés et pour attirer, enfin, l’attention des responsables, à tous les niveaux, sur ce climat d’insécurité qui s’est instauré dans la ville d’une manière générale. On ne peut que comprendre les sentiments et les craintes de cette catégorie d’employés risquant quotidiennement leurs vies.
En effet, on constate que, depuis quelques temps, l’insécurité prend des proportions alarmantes dans une ville en pleine mutation et en plein devenir. Il est, certes, vrai que des efforts surhumains sont déployés par les actuels responsables du corps de la police de cette ville en vue de mettre un terme à cette situation. Le secteur des petits taxis est un secteur qui n’est point organisé. Et de ce fait, il prête ses employés à l’exposition à divers et multiples dangers. Les chauffeurs,ne bénéficiant d’aucun droit de travail, sont, en quelque sorte, des esclaves qu’exploitent à fond leurs patrons. Ces derniers exigent d’eux une somme tournant autour de 300 DH à chaque « prise » comme on dit dans leur milieu. Le pauvre chauffeur, de peur de perdre son travail, doit se défoncer comme un beau diable pour exaucer le voeu de son employeur et s’acquitter également de la facture du carburant ! Ceci, sans oublier ce qu’il doit, lui aussi,empocher ! (Sic !).
Inutile donc de faire le topo sur ce qu’il est prêt à encourir pour être performant ! Excès de vitesse, travail à heures très tardives, violations des règlements en vigueur…Ceci l’expose à tous les risques possibles ! Il est temps qu’on songe à l’amélioration de la situation de cette catégorie d’employés. Ils doivent, ainsi, jouir de tous les droits que leur confère la législation du travail.
Ce rôle incombe, bien sûr,aux centrales syndicales auxquelles sont affiliés presque tous. Sans exception ! On ne comprend pas pourquoi et comment les employeurs siègent aux côtés des employés au sein de leurs bureaux syndicaux. On constate que ce sont ces messieurs qui tiennent les rênes ! Peut-on être, à la fois, juge et partie ?Oh! Que certainement pas ! Il est aussi nécessaire que les taxis soient munis de radio-taxis. Ce moyen de communication rapide permettra à ses utilisateurs de rester, tout d’abord en communication avec leur standard qu’ils créeront et d’entrer, ensuite, très vite en contact avec la salle de trafic du commissariat en cas de force majeure.
Enfin, des journées de sensibilisation doivent être organisées, au profit des chauffeurs par la sûreté nationale et les syndicats et par d’autres organismes concernés leur apprendraient les attitudes à adopter face à une situation donnée.

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