Guerre de positions pour un mode de scrutin

Les commissions du Parlement travaillent d’arrache-pied pour arriver au but escompté qui consiste à aller aux prochaines élections avec un esprit neuf et une volonté à même d’amener les citoyens à se comporter positivement vis –à-vis de l’action politique.
Pour la première fois, au Maroc, soulignent les partis au gouvernement, particulièrement, l’USFP qui se trouve aux commandes de cette expérience, le Maroc respecte le deadline des élections et l’annonce plusieurs mois avant leurs réalisations. Aussi, dans les rangs de la majorité « de la majorité », l’accent est mis sur les avantages de l’adoption d’un nouveau mode de scrutin. Un mode qui doit annoncer une nouvelle étape dans les rapports des partis politiques avec les citoyens.
Pour le chef du groupe parlementaire de l’USFP, Driss Lachguer, à travers le débat en cours, il s’avère qu’il y a deux manière de voir : une perception figée qui fait de «l’analphabétisme et de l’absence d’une conscience politique chez les masses », un argument de base lui permettant de justifier la préservation du statut quo. Exactement , comme faisait le colonialisme avec nos parents, lorsqu’ils estimait qu’ils n’étaient pas en mesure de s’autogouverner. La deuxième manière de voir est celle qui accompagne, dit-il, les diverses réformes amorcées dans le pays depuis l’avènement de l’alternance. Et de reprendre, malheureusement, nos adversaires occultent toutes propositions avancées par le gouvernement dans les textes soumis au Parlement. Ils réduisent toutes les réformes et toutes les propositions à la question du mode de scrutin et du bulletin de vote. Pis encore, ils se comportent à l’égard de ce problème comme s’ils sont les seuls concernés. Or, les objectifs escomptés concernent les citoyens, en premier lieu, les électeurs.
Certes, dans les rangs mêmes de des partis au gouvernement, l’unanimité fait défaut et l’on ne perçoit pas de manière claire qu’il s’agit d’une nouvelle initiative de redressement du champ politique, de son assainissement et d’amorcer en son sein une nouvelle tradition d’action, fondée sur la concurrence des idées et programmes. Cela dit, il n’en demeure pas moins important de rappeler que Mahjoubi Aherdane persiste à faire entendre sa position allant à l’encontre du mode de scrutin de liste et que l’enthousiasme ne règne pas encore parmi les députés du Rassemblement national des indépendants en ce qui concerne cette question, compliquée et qui doit, par conséquent, être simplifiée et réajustée par une série de mesures.
Dans le même ordre, les «petits» partis du gouvernement craignent pour leur avenir et déclarent ouvertement que le seuil de 5% de voix obtenus à l’issue du verdict des urnes, exigé pour la représentativité au Parlement leur pose un véritable problème. Le Parti du progrès et du socialisme le dit clairement. Son alliance avec le Parti socialiste démocrate lui permet d’accroître ses chances, mais n’écarte guère la menace de le voir quitter l’enceinte du Parlement, conformément à la règle darwinienne du plus fort. Dans les partis de l’opposition, l’unanimité n’est pas non plus acquise.
Le Parti de la Justice et du développement se démarque de plus en plus de ses amis du Wifak, alors que ces derniers appellent au vote secret des mesures faisant l’objet du débat. Etant au fait des hésitations de bon nombre de députés pro-gouvernementaux quant au mode proposé, ils tentent de créer une brèche dans leurs rangs. Mais, jusqu’à présent, il semble que ces derniers tiennent au respect des décisions de leur état majors.En ce qui concerne les formations qui ne siègent pas au Parlement, le temps est à l’observation vigilante et à la mobilisation.

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