Hakkaoui annonce un projet de loi plus sévère : 62% des Marocaines ont été victimes de violence

Hakkaoui annonce un projet de loi plus sévère : 62% des Marocaines ont été victimes de violence

La ministre de la solidarité, de la femme, de la famille et du développement social s’est engagée à poursuivre l’action en faveur de l’autonomisation et de la lutte contre la violence faite aux femmes, sous des formes à définir dans un cadre participatif. Bassima Hakkaoui qui s’est refusée à l’idée de reprendre la même dénomination pour cette suite, a fait cette déclaration, lundi, au cours de la réunion du comité de gestion du programme Tamkine qui clôt la 1ère phase du programme pour l’amélioration de la condition de la femme, mis en œuvre avec la coopération du système des Nations Unies et de l’Espagne. La ministre qui a mis en exergue la démarche participative qui a caractérisé l’élaboration et l’exécution de Tamkine, a appelé à une nouvelle conjugaison des efforts afin de parfaire les résultats obtenus dans un domaine où les succès lui semblent compter moins que ce qui reste à perfectionner. Bassima Hakkaoui qui a jugé ces résultats insuffisants, a annoncé le dépôt d’un projet de loi plus sévère contre les violences faites aux femmes. Elle a considéré que  ces violences sont multiples et qu’en fait elles commencent par la non-scolarisation et la déperdition scolaire chez les petites filles. Elle s’est également élevée contre le travail des petites filles et a déclaré que cette question constitue désormais une priorité pour son département. «Nous allons faire en sorte qu’il n’y ait plus jamais ça», a-t-elle affirmé.  Car, a-t-elle estimé, c’est une affaire capitale et qui, du reste, doit être l’affaire de tous tant elle est déterminante pour le devenir de la société.
La ministre qui a relevé que 62% des Marocaines ont été victimes de violence, soit le «chiffre effarant de 6 millions», a jugé que cette situation entache les efforts de démocratisation du Maroc et qu’elle est contraire aux aspirations naturelles à une vie digne et de citoyenneté. Elle a estimé que tout en ayant enregistré quelques progrès, l’autonomisation reste à parfaire. Seules 16% des femmes dans le monde rural et 20,8% dans les villes sont chefs de famille, a-t-elle déclaré. La ministre qui a également annoncé la signature de la convention de partenariat au moyen de laquelle le programme pour la parité et l’égalité genre est financé à hauteur de 45 millions d’euros par l’Union européenne s’est dite fermement déterminée à conduire le programme de lutte contre la violence faite aux femmes, et à mener les actions les plus fermes pour l’égalité genre et la parité.
Les partenaires au programme, l’Espagne et le système des Nations Unies ont cependant estimé que les résultats obtenus sont globalement positifs et que ce qui a été «moins bon peut faire l’objet d’une poursuite du processus». Le représentant de la coopération espagnole et le coordonnateur résident des N.U au Maroc, qui se sont félicités de la coopération avec le Royaume dans le cadre de Tamkine, ont laissé entende leur disposition à le poursuivre. Ce programme qui vise l’autonomisation de la femme et son émancipation de la tutelle dans laquelle la met une société machiste, a bénéficié d’un soutien financier de la coopération espagnole. Ces partenaires ont jugé que Tamkine a atteint ses objectifs et a placé le Maroc sur la voie d’une bonne réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD).

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