Halte aux thermomètres à mercure

Halte aux thermomètres à mercure

Le Centre antipoison du Maroc (CAPM) tire la sonnette d’alarme sur l’utilisation de deux produits: le thermomètre à mercure et le Maâjoune. Dans le dernier numéro de sa publication officielle «Toxicologie Maroc» du 3ème trimestre 2010, le CAPM appelle à l’interdiction de la commercialisation du thermomètre à mercure en raison du danger qu’il présente. Cet instrument est banni dans plusieurs pays notamment en France où la vente des thermomètres à mercure est interdite depuis 1998 et leur utilisation dans les hôpitaux est proscrite depuis 1999. Si son utilisation n’est plus recommandée voire interdite à l’échelle internationale, force est de constater que ce type de thermomètre est toujours en vente libre dans les officines au Maroc et son usage reste fréquent dans les hôpitaux et les foyers. Mais d’où provient le danger ? Le thermomètre à mercure contient 2 grammes de mercure, soit 0,1 cm3. En cas de bris, le mercure est rejeté dans la pièce sous forme de gouttelettes glissantes et peut provoquer une intoxication. Le risque d’intoxication provient de l’inhalation du mercure. L’intoxication se manifeste par des troubles respiratoires allant de la simple irritation à la détresse respiratoire et à des troubles rénaux et neurologiques. Le CAPM recommande en cas de bris de faire sortir les personnes de la zone où le mercure s’est déversé et ouvrir les fenêtre. Il ne faut surtout pas se servir d’un balai pour ramasser les gouttelettes car cela provoque une division en petites billes qui contamineront le balai. Il en va de même pour l’aspirateur. Le CAPM note que «l’utilisation d’aspirateur pour ramasser les gouttelettes de mercure est une pratique dangereuse car il constitue source de contamination lors de chaque utilisation. Le chauffage de l’aspirateur constitue une condition favorable à la transformation du mercure à l’état vapeur». Il est fortement conseillé de ramasser les gouttelettes en les faisant glisser sur un carton puis neutraliser par de la fleur de souffre ou du zinc et laisser agir pendant plusieurs heures. En attendant la mise en place d’une réglementation qui interdira la commercialisation de ces thermomètres au Maroc, le CAPM recommande l’utilisation des thermomètres électroniques (frontaux, buccaux, anaux ou tympaniques).
Par ailleurs, le Centre antipoison met en garde les citoyens sur l’utilisation du Maâjoune, un gâteau mortel. Cette pâte qui est préparée à partir de résine de cannabis , d’autres substances et de plantes hallucinogènes est vendue à 5 DH le morceau chez les vendeurs de cigarettes et les marchands de confiseries devant les établissements scolaires. «La préparation peut contenir en plus du cannabis, des graines de pavot (kharchacha), des graines de datura (chdeq jmel) dont 5 graines peuvent être fatales pour un enfant, des baies de belladone, ou bellaydour, dont 3 à 5 baies sont mortelles chez l’enfant et 10 à 15 le sont chez l’adulte, des graines de jusquiame (sikrane) dont 15 à 20 graines peuvent entraîner la mort, la mandragore (bed lghoul) dont toute la plante est toxique, la cantharide (debbanat lhend) dont la dose efficace est trop proche de la dose mortelle et la noix de muscade (gouza) dont la consommation de 2 noix entraîne le coma», précise le CAPM. L’intoxication au Maâjoune est dans la majorité des cas secondaire à une utilisation toxicomaniaque ou à une prise accidentelle chez l’enfant. En 2008, le CAPM a reçu 39 cas d’intoxication au Maâjoune dont 1 cas fatal.

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