Handicapés : Des citoyens complets

ALM : Quelle politique prévoit le nouveau gouvernement pour les handicapés ?
Mme Yasmina Baddou : Tout d’abord, nous allons accorder une importance particulière à la prévention des différentes sortes d’handicaps. Nous allons donc nous attaquer en partenariat avec les départements concernés aux causes essentielles de l’handicap, à savoir les maladies et les problèmes de grossesse et d’accouchement. Notre objectif est de faire des handicapés des personnes à part entière dans la société qui bénéficient des mêmes droits que n’importe quel autre citoyen. Au niveau des textes législatifs, une loi sur les accessibilités vient d’être votée par la Chambre des conseillers, après avoir été votée à l’unanimité par la Chambre des représentants.
Dans les mois qui viennent, nous allons oeuvrer pour faire sortir les textes d’application de cette loi. En attendant ces textes, nous avons mis en place une cellule accessibilité qui a pris les contacts nécessaires avec certains organismes publics, semi-publics et privés pour qu’ils rendent accessibles aux personnes handicapées leurs structures et bâtiments. Nous allons faire d’autres projets de lois, relatives aux handicapés et notamment ceux concernant la réservation de 7% de postes prévus par la fonction publique. A ce propos, une décision du Premier ministre existe déjà mais qui connaît des difficultés, quant à son application.
Pouvez-vous en dire plus à propos de ce partenariat et de ces projets ?
Pour ce qui est des actions menées par le tissu associatif en matière d’insertion des handicapés, on ne peut aujourd’hui que les féliciter pour le travail accompli. Nous considérons que ces associations constituent des relais incontournables au niveau local, et nous en ferons des partenaires stratégiques. Nous travaillons actuellement sur la mise en place d’une base de données sur l’ensemble des associations oeuvrant dans le domaine des handicapés, ainsi que sur les centres d’accueil. Cette base de données nous permettra de suivre et d’orienter les aides que nous accordons aux associations en fonction d’une distribution régionale équitable, mais aussi en fonction du travail réalisé par ces associations. Dans ce sens , des conventions sont sur le point d’être signées avec certaines associations. Nous avons aussi l’intention de généraliser une expérience qui a donné des résultats probants. Il s’agit, en l’occurrence, du projet de réadaptation à base communautaire (RBC). Ce projet, qui concerne actuellement sept sites, constituerait une plate-forme à laquelle l’ensemble des partenaires locaux participent. Nous allons également mettre en place des bibliothèques sonores, bientôt, dans huit villes du Royaume et plus tard généraliser l’action sur l’ensemble des villes universitaires. Comme nous sommes particulièrement attentifs à l’apport de la communication dans ce domaine, nous allons, dans les semaines à venir, mettre en place un site web permettant aux associations, aux handicapés et à leurs familles, d’avoir les informations nécessaires.
Beaucoup de voix s’élèvent au niveau des associations des handicapés réclamant plus d’attention malgré les efforts entamés dans ce sens. Qu’en dites-vous?
Depuis que je suis responsable de ce département, j’ai reçu toutes les associations qui ont demandé à me rencontrer pour discuter de leurs projets et difficultés. J’ai aussi effectué des visites sur place pour rendre compte de l’action associative en la matière et nous allons continuer sur cette approche basée sur la proximité et l’écoute du tissu associatif. Nous comptons tout mettre en oeuvre pour faire profiter le maximum d’associations des prestations que nous offrons (aide matérielle, formation, intervention auprès des différents opérateurs publics et privés et auprès de bailleurs de fonds internationaux).
Est-ce que tous les handicapés bénéficient des mêmes priorités ou y a-t-il des catégories nécessitant une attention particulière?
Du moment que l’objectif est de faire des handicapés des personnes à part entière dans la société, leurs besoins fondamentaux sont les mêmes. Notamment en matière d’accès à l’éducation, à la formation, au travail…Ce sont les manières et les méthodes à suivre pour la satisfaction de ces besoins qui diffèrent en fonction de la nature et du degré du handicap. Pour certaines catégories, l’effort à consentir par les intéressés eux-mêmes, leurs familles, les éducateurs et la société est beaucoup plus important. Ceci étant, les actions du ministère sont orientées vers l’ensemble des handicapés dans le but d’améliorer leurs conditions d’insertion.
Est-ce que cette politique prévue par le ministère de tutelle sera étalée sur l’ensemble du territoire du Royaume ou est-ce que cela concerne seulement les grandes villes ?
La politique de proximité fait partie intégrante de notre stratégie d’approche. Cette politique suppose que les services offerts par le ministère sont adressés d’une façon équitable vers l’ensemble des régions du Royaume. Une attention particulière sera accordée aux handicapés ruraux et aux associations les concernant.
Vous avez évoqué une stratégie particulière de solidarité. De quoi s’agit-il au juste ?
Nous allons oeuvrer de manière à compléter l’effort consenti au niveau national par différents opérateurs dans le domaine de la solidarité. Nos actions seront orientées vers certaines catégories sociales et des types d’institutions particulières, comme les personnes âgées, les handicapés, les enfants de la rue et les enfants abandonnés. Nous allons aussi oeuvrer pour la mise en place des BIOS (Bureaux d’intermédiation et d’orientation en matière de solidarité) ainsi que les projets dits de Dar Attadamoun. Les mécanismes législatifs en la matière seront aussi renforcés. Notre action va s’orienter également vers la lutte contre les fléaux sociaux comme la pauvreté et la mendicité. L’objectif final est d’instaurer une nouvelle culture de solidarité basée sur l’évolution de la société marocaine et sur les défis auxquels elle doit faire face.

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