Haro sur la contrebande vivrière !

Haro sur la contrebande vivrière !

Tétouan et les zones avoisinantes de Sebta sont devenues un haut lieu d’écoulement de ces produits

La contrebande a provoqué la disparition d’un certain nombre de traditions économiques qui ont fait la particularité de la région du Nord.    

La contrebande est à l’origine de grandes pertes pour l’économie nationale, mais peut aussi gravement nuire à la santé des citoyens. C’est du moins ce qui ressort d’un séminaire dont les travaux ont été organisés, vendredi 4 octobre, sous le thème «Les effets dévastateurs de la contrebande vivrière sur l’économie nationale et la santé des Marocains». Initié par la Chambre de commerce, d’industrie et de services de la région de Tanger-Tétouan-Al Hoceima (CCIS-TTA) en partenariat avec la commune de Tétouan, ce séminaire vient d’avoir lieu alors que la Colombe blanche et les zones avoisinantes de Sebta sont devenues un haut lieu d’écoulement des produits de contrebande.

Selon le premier vice-président de la CCIS-TTA, Mustapha Abdelghafour, du fait du développement des villes du Nord, en particulier M’diq-Fnideq et Tétouan, celles-ci sont les plus touchées par le commerce transfrontalier avec le préside occupé. «La contrebande transfrontalière et son rapport avec le déclin commercial de ces villes ont transformé plusieurs unités industrielles en des dépôts de marchandises ou des endroits désertés», a-t-il affirmé.

Cette situation, poursuit-il, nécessite une intervention urgente et des solutions efficaces pour sauver certaines entreprises qui continuent tant bien que mal de lutter contre la contrebande. D’autant plus qu’en se basant sur les données liées à ce phénomène, «un seul poste de travail généré par la contrebande fait perdre dix emplois formels», a-t-il dit, tout en appelant à fournir de grands efforts pour trouver des alternatives afin de favoriser les opérations d’intégration socio-économique des marchands informels de produits de contrebande. 

Intervenant à cette occasion, Zahra El Khamlichi, académicienne et chercheur universitaire, a tenu à préciser que les effets de la contrebande ne se limitent pas à l’économie et à la santé des citoyens. «Ce phénomène s’étend aux habitudes quotidiennes des citoyens», a-t-elle-dit, faisant remarquer que «la contrebande a provoqué la disparition d’un certain nombre de traditions économiques qui ont fait la particularité de la région du Nord».  

Les participants à ce séminaire ont convenu, par ailleurs, de la nécessité de mobiliser tous les moyens humains et matériels pour prévenir la contrebande, particulièrement dans les villes transfrontalières. Ils ont tenu à mettre en garde contre le danger des produits de contrebande, dont la majorité dépasse la date de péremption. Un certain nombre d’habitants des villes du Nord souffre notamment de maladies chroniques en raison de sa consommation de ce type de produits. Ainsi, les participants ont appelé à accorder des avantages fiscaux pour y attirer les investissements afin de pouvoir faire face à la prolifération du commerce transfrontalier avec Sebta.

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